« La fête du mouton | Page d'accueil | Retour au pays »

16.04.2005

Les plages de sable et de boue

Retour d’Aqaba pour 4 jours de quasi-vacances. Soleil et plage au rendez vous, difficile de résister à l’appel de la mer et du bateau, alors que j’aurais du rester enfermée dans une salle de réunion la journée entière comme les autres. J’ai pourtant eu un sacré mérite à rester quelques heures d’affilée à écouter un langage qui ne m’est pas encore clair, bien que je fasse d’énormes progrès de ce côté. Pendant ces quelques jours partagés avec les femmes de l’Union, j’ai retrouvé tout ce qui me fascine chez les populations des pays arabes, du moins du Moyen Orient ; une aisance dans les relations humaines, un humour de tous les instants, un carpé diem généralisé et un fatalisme face à la vie qui élimine tout stress ou prise de tête ; des éléments rassemblés qui poussent les gens à faire la fête, à partager leur bonheur en chantant, en dansant et en rigolant à chaque minute. J’ai aussi découvert de façon concrète les différences de la vie de ces femmes selon le milieu dont elles sont issues : les jeunes filles voilées qui, de nuit ne peuvent admirer la mer que du haut de leur balcon, jusqu’à ce qu’un homme un peu malin les repère et qu’elles se chassent d’elles-mêmes ; les femmes non voilées qui avalent leur bière enfermées à double tour dans leur chambre, la canette coincée sous le lit ; puis la femme qui m’embarque sur un bateau avec mari, enfants et amis, une boite de maïs dans une main, une bière dans l’autre, chantant à tue-tête des chansons palestiniennes tandis que la barque s’approche doucement de la limite des eaux israéliennes. Le point d’orgue du programme a sans doute été la visite d’un camp d’enfants palestiniens organisé pour les vacances. Dans une école de la ville, ont été rassemblés une centaine d’enfants, dont la moitié venant de Palestine, handicapés des suites de l’Intifada, et l’autre moitié venant des camps palestiniens de Jordanie. Jeux, sketchs et chansons pour nous accueillir, puis rencontre avec tous les responsables où j’ai pu tenir mon discours tout en arabe, comme les autres.

J’ai réussi à m’échapper une après-midi cette semaine pour aller visiter une branche de l’Union dans le camp palestinien de Baqa’. Situé au nord ouest d’Amman, il s’agit du plus grand camp palestinien de Jordanie. Entre 110.000 et 160.000 habitants selon les chiffres donnés par le gouvernement (qui ne prend en compte que les personnes vivant dans les limites du terrain alloué au camp) et l’UNRWA (l’office des réfugiés palestiniens des UN, qui tient compte des gens qui ont déménagés hors des limites du camp et se sont installés à la périphérie, i .e de l’autre côté de la route). Au premier coup d’œil, il ressemble en tout point aux autres camps de réfugiés de Cisjordanie. Petites ruelles étroites, qui s’assombrissent alors que les bâtiments s’élèvent peu à peu, le troisième étage des maisons est en cours de construction pour accueillir la nouvelle génération. Ce qui différencie Baqa’ des autres camps que j’ai connus, c’est l’animation qui règne dans les ruelles, les cris et les rires des enfants qui couvrent le bruit sourd de la route départementale qui longe le camp et qui mène à Jérash, les artères plus larges et commerçantes qui sont impraticables de monde jusqu’à 2h de l’après midi. Ici, les maisons tiennent debout, les enfants ne jettent pas de pierres et les seules affiches présentent sur les murs sont celles d’Abu Ammar. Nadia me raconte sa première visite du camp en 1977. A cette époque, en hiver on y laissait ses chaussures dans un tas de boue rouge écarlate, le camp ayant été construit sur de la terre agricole. Les rues ont été goudronnées, mais depuis une dizaine d’années seulement.


Pour les photos, vous verrez que je ne suis pas la seule à me baigner toute habillée.. une rue de Baqa' et puis un petit son des filles dans le bus alors qu'elles dansaient sur les sièges, les voitures voisines les ayant repérées se sont mises à klaxonner ..

http://data.over-blog.com/lib/7/7/777/files/CIMG1343.WAV

medium_.jpg


Commentaires

tu as de la chance de vivre une expérience comme celle-ci!
bon courage en tout cas

** bisous **

Ecrit par : stella | 16.04.2005

Ecrire un commentaire