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10.08.2005

Recommendations et nouvelle page

Je suis entrain de clôre mon projet, écrire mon rapport final et justifier ma comptabilité. Ma publication est prête à être envoyée à l'éditeur et me voilà partagée.

Je suis coupée en deux: l'envie d'avoir tout bouclé et de enfin profiter d'un peu de temps, de retrouver une vie normale et non pas une vie qui tourne entre le bureau, le café d'en bas et mon matelas; L'envie de pouvoir profiter d'être en Jordanie, de rencontrer des gens, de sortir voir le pays, d'aller à mes cours d'arabe. La tristesse de finir tout ca, de tourner une page de ma vie, d'abandonner ma vie décousue mais pleine de souvenirs partagés avec Audrey et Dina. La tristesse de ne plus être impliquée d'une certaine façon dans cette histoire de Constitution et de commencer à voir ça de plus loin, de ne plus être en contact journalier avec mes ongs.

Si le droits des femmes vous intéresse, si les appels faits par les femmes irakiennes aussi, vous pouvez lire nos recommendations, en english, en attendant la publication !

recommendations_mpdl_english.doc

09.08.2005

Dina et Bagdad

Cela faisait déja 2 jours que Dina était rentrée de Bagdad, et je la trouvais bizarre. Elle se plaignait de ne pas se sentir bien, d'avoir un point au coeur qui ne s'en allait pas, et c'est hier soir qu'elle a enfin pu m'expliquer ce qui n'allait pas, après une bière bue sur les tables du bureau.

Elle m'explique tout ceçi les larmes au yeux. Benoite, en retournant à Bagdad après un an, pour la première fois j'ai réalisé que j'aime mon pays, et que je suis fière d'être irakienne. Malgré tous les problèmes qu'il y a la-bas en ce moment, je me suis rendue compte que j'ai un pays magnifique. Et les Irakiens, même sil y a 80% de fous, de terroristes, le reste ce sont des gens qui sont prêts à tout faire pour t'aider, des gens généreux et gentils. Et en voyant des gens comme ca, je sais que peut être mes enfants, ou les enfants de mes enfants vivront eux en Irak et de façon normale en paix.

Elle a pleuré en partant d'Irak et en revenant à Amman, son nouveau pays provisoire. J'aime ma nouvelle vie à Amman car au moins ici je peux être moi même, je peux rire, je peux danser, je peux boire et m'habiller comme je veux, je suis libre. En Irak, tout le monde a perdu ses droits les plus basiques: nous ne sommes plus libres, nous n'avons pas le droit à la sécurité, nous n'avons pas d'éléctricité, pas d'eau, on ne peux pas sortir aller voir des amis.. Mais elle sait qu'en quittant son pays, elle y a laissé une partie de sa personnalité, sa famille, ses amis, ses affaires.

Et ce point au coeur qui ne s'en va pas, c'est le souvenir de Bagdad.

Dina a fait des photos de Bagdad et a pris des films de son appareil photo. Un film super, sur les rues de Bagdad, Dina a filmé le défilement du paysage à la fenêtre de sa voiture, sur fond de musique classique. Malheureusement la taille du fichier est énorme, il faut que je trouve un moyen de le mettre en ligne.

06.08.2005

En vrac

Semaine mouvementée, différentes composantes viennent déranger mon quotidien et je préfère les livrer en vrac. Le vrac, c'est aussi mon état d'esprit, quelle décision prendre, que faire, où en suis-je, j'attends que la tornade passe autour de moi pour me poser au calme.

L'ambiance n'est pas au beau fixe avec la prise en main des choses par la nouvelle chef de mission. Départ précipité d'Audrey du bureau et de la maison, qui laisse place à l'incertitude généralisée des membres de l'équipe. Le changement n'est jamais simple, le moral est bas et le manque de motivation se fait sentir, moi la première j'ai du mal à me remettre à travailler.

L'équipe de Bagdad est là pour quelques jours et s'adapte à l'ambiance générale. Conciliabules jusqu'au bout de la nuit, ce qui n'aide pas à relaxer les nerfs ni les tensions accumulées.

 Dina, elle, est toujours à Bagdad, et le moral se dégrade de jour en jour. Elle n'y avait pas mis les pieds depuis 1 an et ne devait pas s'attendre à ce qu'elle a vécu sur place. Appel affolé il y a deux jours, elle veut prendre un avion en sens inverse au plut tôt. Hélas, les commerces officiels ferment tôt dans l'après-midi et le vendredi toute la journée. Elle est donc emprisonnée en Irak jusqu'à Samedi. Des tirs sont passés au-dessus de sa voiture, elle ne veut plus risquer sa vie. Sa mission est maintenant terminée, elle vient de m'appeler, elle vient de poser un pied sain et sauf sur la terre ferme jordanienne !

Ce blog devient décidément plus personnel que jordanien, il va falloir recadrer !

2ème édition à Jérash hier soir avec Hani Shaker, plus classique que Fadel. Ces chanteurs ont décidément une manie bizarre: chanter 2 fois de suite un tube qui laisse la foule en délire ! Alors vous comprenez pourquoi la durée moyenne des concerts est de 2h30...

03.08.2005

Le départ

Il y a 5 jours, Audrey m'a lâchement abandonnée. 

Audrey est ravie de sa maison à air conditionné.

Elle finit ses rapports avant de s'en aller.

Beyrouth l'attend pour un repos bien mérité.

Dans 10 jours, elle finira par s'envoler,

et moi j'aurai le coeur serré !

 

02.08.2005

Dina à Bagdad

Nous avons envoyé Dina à Bagdad dimanche, pour une petite semaine.

C'est la grande aventure: il s'agit de mettre en place de façon précise le plan sécurité. L'équipe de Bagdad s'est pliée en quatre pour mettre à sa disposition les 2 drivers pour conduire mademoiselle à son bon-vouloir et les téléphones. Les check-sécu sont organisés à Amman, Dina doit nous téléphoner à des heures bien précises dans la journée pour nous informer de la situation, de son planning, afin qu'on puisse la suivre et la conseiller.

Jusqu'à aujourd'hui, tout va bien, malgré un petit incident ce matin. Elle devait se rendre dans un quartier peu sur, son déplacement ayant été approuvé après conciliabule avec les chefs sécu, afin de rencontrer une ONG. Appel ce matin alors qu'elle est sur le chemin, une explosion a eu lieu un peu plus loin sur la route qu'elle doit emprunter. Checks d'urgence, elle peut finalement prendre une autre route pour se rendre au meeting. 1/2h plus tard, les nouvelles arrivent, Dina a accompli sa mission et est sortie du quartier saine et sauve. Ouf !

Encore trois jours avant son retour à Amman, nous croisons les doigts !  

01.08.2005

Le festival de Jerash

Chaque année, au mois de Juillet, le site des vestiges romaines de Jérash retrouve son prestige d'antant, en accueillant divers chanteurs et d'immenses foules lors de son festival.

Des stars plus ou moins connus, arabes ou internationales, se succèdent dans ce lieu pendant une quinzaine de jours.

Vendredi soir, nous sommes donc allées faire un tour, Sandra, Dina, Audrey et moi, pour voir un des chanteurs libanais les plus connus: Fadel Shaker.

La sécurité autour du site est impressionante, les hommes en ligne d'un côté qui levent leur chemise et passent sous les portails métalliques, les femmes de l'autre qu'on fouille au corps. Un vrai check-point israélien.

L'ambiance est à la fête, les familles sont là à déambuler entre les vendeurs de café, de pop-corns et de barbes à papa.

medium_barbe.jpg

Le grand amphithéatre est plein à craquer et la vedette se fait attendre. Assises tout en haut des arènes, nous avons une vue imprenable sur le site de Jérash ainsi que sur la foule déchainée qui s'impatiente. Le spectacle vient de la foule qui se déanche gentilement mais de plein coeur sur les ryhtmes de la habibi music de Fadel Shaker. Habibi music, car c'est sans doute le mot qui revient le plus souvent à travers les chansons ! Le plus drôle c'est de voir les bandes de garçons de 30 ans et plus qui s'embrassent, s'accolent et secouent les hanches jusqu'à épuisement total.

La semaine prochaine, c'est au tour du cousin, Hani Shaker ! 

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