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16.10.2005

Le referendum en Irak

Mon travail de ces 5 derniers mois s'est vu définitivement clos hier. C'est avec intérêt et suspens que j'ai donc suivi le référendum sur la Constitution irakienne qui s'est tenu hier, samedi 15 octobre.

Première satisfaction, le calme étonnant de cette journée, la sécurité ayant été mise au point maximum avec la clôture des frontières du pays pour 3 jours et la fermeture de toutes les routes dans Bagdad.

Je suis pourtant étonnée de la grande participation annoncée du peuple irakien: 69% alors que l'accès en voiture était interdit et beaucoup d'irakiens n'étaient visiblement pas encore très au courant des lieux et des méthodes de vote et du but du référendum.

Selon les premiers témoignages, le OUI sembe l'avoir emporté la main levée. Mais des amendements apportés au texte à la dernière minute, il sembe que des modifications de la Constitution pourraient être apportées par le gouvernement prochaînement élu au mois de décembre et le nouveau texte serait ensuite soumis à un deuxième référendum. J'y vois ainsi une nouvelle occasion pour travailler encore et encore sur l'amélioration des textes consacrés au droit de la femme.

Les Irakiens pourront ainsi assouvir leurs besoins énoncés de démocratie: exprimez vous ? Sur quoi, pour quoi, dans quel but, les pauvres, ils doivent surement y perdre la tête.

18:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

12.10.2005

La promesse du Ramadan

Khaldon est musulman non pratiquant. Il ne croit plus en l’aide de Dieu depuis 3 ans, depuis le début des combats en Irak. Il a donc abandonné le Ramadan.
Mais il en faut encore peu pour le pousser à suivre le jeûne ne serait-ce qu’une journée. C’est ainsi que j’arrive ainsi à le faire promettre de faire le Ramadan pour 24h au moins. Il se lève alors à 14h pour rendre sa tâche plus facile. La tâche lui est dure et il n’est pas vraiment motivé mais il suivra sa promesse jusqu’au bout.
 
Le Ramadan n’a pas commencé le même jour pour les sunnites et les chiites. Les sunnites commencent un jour plus tôt. La Jordanie entière se met donc au Ramadan, tandis que l’Irak se trouve partagée. Mais par respect pour chacun, tout le monde fait attention dans la rue et les restaurants ferment tous le même jour.

12:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

06.10.2005

Fracture

Je vis en ce moment dans l’appartement de l‘ONG de Dr. Khaldon.
Khaldon, irakien, la trentaine, médecin de formation, a monté sa propre ONG avec un ami et est pour quelques jours à Amman pour décompresser et rencontrer ses partenaires.

Hier soir, il s’assied à côté de moi et me pose la question fatidique : pourquoi as-tu choisi le Moyen Orient ? Ma réponse ne le satisfait pas et le vexe. Tu crois que ça nous fait plaisir de vivre au jour le jour, de ne pas pouvoir faire de plans pour le futur, de ne pas nous autoriser à faire des rêves et ne pas pouvoir les accomplir un jour ? Ces sourires et familiarités, tu ne  ressens donc pas leur hypocrisie ? Nos souffrances que nous cachons devant les membres de notre famille et devant les invités, tu ne les vois donc pas ?

Effectivement, ça fait plus de 10 mois que je suis ici et il y a des milliers de vérités que je n’ai pas percées. Mon manque de maîtrise de la langue et donc de la culture me posent certainement de grandes barrières. Mais je m’aperçois aussi que je resterai à jamais une étrangère et que devant les étrangers, les locaux, par respect, ne montreront en aucun cas leur faiblesse ou leurs souffrances. A moins d’avoir leur confiance absolue.

Est il vraiment possible de briser ce mur qui nous sépare ?

20:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

05.10.2005

La vieille femme

Hier, à la veille du premier jour de Ramadan pour les chiites, un employé de l’ONG chez qui j’habite, a amené sa femme à la maison pour nous cuisiner un repas irakien.

L’idée est excellente et la femme s’affaire dans la cuisine sous mes yeux intéressés.

Le repas est copieux et excellent mais ce n’est pas une surprise.

La surprise vient des paroles du mari de la femme.

Il nous apprend qu’il est marié à deux femmes, et que celle présente est ‘the old one’, la première. A plusieurs reprises, il nous parle d’elle en ces mêmes termes, ‘the old one’, en la présence de celle-ci.

A la fin du repas, ma colocataire et moi nous dressons pour débarrasser la table et pour faire la vaisselle. Le mari nous stoppe à grands cris : ne bougez pas, ma femme est venue faire la cuisine, elle doit tout faire du début jusqu’à la fin, et elle nettoiera tout. Et la femme se lève sans broncher pour se diriger à nouveau vers la cuisine.

Le temps de la vaisselle nous donne au moins l’occasion de discuter tranquillement entre femmes, malgré les barrières de la langue. Elle nous parle de son envie de retourner travailler, du stress des enfants à cause de la situation, du regret de la période Saddam qui empêchait le chaos, et s’attriste lorsque elle doit nous quitter car son mari veut la ramener à la maison.

Le soir, en pensant à cette femme, la colère me monte aux yeux. Elle a 35 ans, jolie et soignée, 2 enfants de 15 et 10 ans qui sont adorables, elle vit dans une maison qu’elle ne peut pas quitter pour raisons de sécurité et est abandonnée par son propre mari qui doit sans doute passer la plupart de son temps dans la maison de sa nouvelle épouse.

Sur ce registre, j’en parle avec Khaldon pour calmer ma colère et essayer de comprendre comment une femme peut accepter et supporter une telle situation, mais là, nos différences de culture me laissent sceptique mais calmée.

21:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note