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15.11.2005
Retour au calme
La vie à Amman a repris son cours. Les drapeaux se rangent, les encombrements sont de retour. Seuls les banderoles affichées à chaque cercle rappelle l'hommage du pays à ses premières victimes du terrorisme.
Quelques changements dans la vie quotidienne sont apparus: des hélicoptères et avions survolent régulièrement la ville, les effectifs des militaires devant les bâtiements officiels ont été renforcés tandis que la police effectue de nombreux contrôles de voitures, de préférence celles immatriculées en Irak. Deux lumières bien brillantes sont aussi apparues dans le ciel d'Amman, bref, on nous surveille.
Je ne considérais pas avoir été particuièrement touchée par les attentats, estimant qu'il suffisait de se tenir éloignée des lieux de rendez-vous des étrangers ainsi que d'autres lieux de rassemblements populaires.
C'est hier matin, lorsque je me suis réveillée en sursaut en entendant 3 explosions successives dans Amman que j'ai réalisé que quelquepart, un noyau de peur pouvait surgir du fond de mes entrailles. Ma première pensée est sans doute allée sur le fait que ca y'est les actions en Jordanie ont bel et bien démarré. Ma seconde pensée m'a fait ouvrir la fenêtre à l'écoute des mouvements des ambulances. Mais le silence et le calme sont restés au rendez-vous à mon grand soulagement.
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12.11.2005
Al-Ordon Awal
La Jordanie en premier.
Personne n’y croyait, du moins personne ne voulait y croire. Lorsque vous demandiez à un jordanien si un jour son pays serait touché par la violence et le chaos du terrorisme, la réponse était catégorique : les moukhabarat jordaniens sont bien trop efficaces pour laisser place à de telles éventualités.
Depuis 2 ans, des centaines d’attentats préparés ont pourtant été déjoués par les services secrets du pays. La nouvelle de deux camions qui transportaient 20 tonnes d’explosifs perdus sur les routes de Jordanie rassurait la population alors qu’ils avaient été bien vite interceptés.
Il semble que cette fois, le terrorisme a su passer par les mailles du filet.
Des trois attentats, je n’en entends que le balayement incessant des ambulances bien que je sois située à environ 500m d’un des hôtels concernés.
Une panique totale s’installe dans la ville : les gens se pressent de rentrer chez eux, les centaines de policiers déployés gênent la circulation et le pays et sa capitale sont bouclés. 2h plus tard, Amman n’est plus qu’une ville fantôme, une ville meurtrie où la peur s’installe tranquillement. Seuls quelques taxis aventureux ou retardataires tentent de rentrer chez eux.
La Jordanie en premier, c’est un slogan qui est repris sur toutes les lèvres depuis 2 jours. Un ouragan de nationalisme souffle sur la ville. Les drapeaux jordaniens sont de sortie, montés sur les voitures, sur les magasins, sur les visages. Manifestations et rassemblements spontanés dans le centre ville ou devant les hôtels, les voitures et les piétons défilent à coups de sifflets ou de klaxons. Dommage, je n’ai pas mon appareil photo au bon endroit, au bon moment.
La montée soudaine du nationalisme s’accompagne d’un ressentiment pour les auteurs de l’attentat, et de leur pays d’origine. L’Irak et les Irakiens sont ainsi nommés directement responsables. Ces derniers jours, des centaines de voitures irakiennes sont vandalisées pendant la nuit dans les rues d’Amman. Il ne fait pas bon d’être irakien aujourd’hui, les 3 garçons qui m’accompagnent ces derniers jours n’osent plus aller traîner dans les lieux populaires. Profil bas est le mot d’ordre pour assurer sa sécurité. Ils n’en perdent pas pour autant leur humour, à propos des mouvements de manifestations : ‘Si à chaque attentat à Bagdad on faisait le même bardas ….’20:25 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note










