16.12.2005

Elections irakiennes

En tant qu'observateur agréé par la commission indépendante des éléctions irakiennes, j'ai pu avoir accès ces trois derniers jours aux bureaux de vote ouverts à Amman. J'ai pu ainsi authentifié la fierté et la joie des irakiens à venir participer à leurs deuxièmes élections cette année.

La sécurité est évidemment maximale: police et armée protègent l'entrée des diverses écoles abritant les bureaux de vote et les fouilles sont minutieuses.

Les procédures de vote sont scrupuleusement respéctées même si le système comporte quelques défaillances. Hors, d'Irak, il n'existe aucune liste d'inscripition des voteurs. Ceci est dû au fait que des bureaux de vote n'ont pas été ouverts dans tous les pays et les irakiens sont invités à se rendre dans un pays voisin pour effectuer leur tâche citoyenne si aucun centre électoral n'a été ouvert dans leur contrée de résidence. Impossible dans ces conditions d'inscrire les électeurs en avance. Les noms des personnes se présentant aux bureaux de vote sont donc simplement enrégistrés sur papier, empêchant une vérification scrupuleuse des personnes essayant de voter plusieurs fois. La seule vérification possible reste l'encre dans laquelle chaque irakien trempe son doigt après avoir voté, mais il a été prouvé que l'encre n'est pas totalement indélébile...

Il y deux jours, les premiers échos de falsification des élections se sont fait entendre: un camion rempli de bulletins de vote en provenance d'Iran serait entré en Irak. L'information a été aussitôt démentie par le responsable de l'IECI (Commission Electorale Indépendante d'Irak) mais les Nations Unis n'ont fait aucun commentaire sur l'affaire.

Une participation à 70% de la population irakienne donne des ailes à ses élections, esperons que les résultats ne se feront pas longuement attendre comme il a été le cas en Janvier dernier.

 

08.12.2005

Retour

Après une longue absence, me voilà de retour.
Retour aussi d'un séjour express en France pour un adieu à ma grand-mère maternelle.

J'ai repris le joyeux train-train du travail et de la recherche de projets, bien que tout le monde semble beaucoup plus préocuppé par l'approche des éléctions du 15 décembre.

L'ambiance à Amman reste tendue, la police et l'armée rôde et je me suis fait interpellée hier soir par une voiture de flics: mademoiselle, il est interdit de prendre des photos ? Ah bon, nouveau décret issu il y a 3 secondes et demi? Non, c'est à cause de.. vous savez, la situation. Ah bon, dis-je en rangeant mon appareil photo. Mais vous parlez bien arabe! Que faites vous ici ? Où habitez vous? Je ne sais alors plus si il s'agissait d'un simple prétexte pour m'aborder. J'ai tout de même eu le temps de photographier les affiches qui trônent à chaque cercle, 'nous tous faisons la Jordanie et 'Tous les Jordaniens sont des soldats, tous les Jordaniens sont des armes'.

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La ratification quasi-assurée de la loi anti-terroriste par le royaume hashémite fait des remous: les associations des droits de l'homme et les islamistes lèvent le drapeau en appelant à la liberté et au respect de l'être humain.

Et cette ambiance ne fait qu'accroître le sentiment anti-irakien dans le pays: des enfants se sont fait menacés à l'école par leurs camarades, tandis que d'autres se font jeter des taxis comme des mal-propres! Affaire à suivre...