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30.05.2006

On ne parle pas de politique!

Hier, j'ai pris mon premier cours d'arabe avec Azzedine, mon driver. C'est décidé, il faut que je me bouge les fesses pour reprendre mon apprentissage de la langue locale avant que tout le monde commence à se moquer de moi.

Azzedine étant payé pour ne pas faire grand chose, j'ai donc le droit de lui demander de s'asseoir avec moi tous les deux jours pour faire un quelconque exercice.

Première séance hier. Assise dans la cuisine, je commente les dernières nouvelles de Palestine, notamment, les affrontements violents qui ont eu lieu la veille à la frontière libanaise.

Alors que j'aborde le sujet smplement (As tu vu ce qui s'est passé à la frontière? C'est chaud! Heuresuement que c'est fini, Gaby ma colloc commencait à trembler sur place), Azzedine panique. Pourquoi veux tu parler de ça? Je n'aime pas parler de politique! Il rigole mais mentionne que ce n'est pas bien de parler de ça, des gens vont nous entendre. Je le rassure, allons, les fenêtres sont fermées, personne ne nous écoute et je m'en fiche de ce que tu penses en matière de politique, je veux simpement discuter comme ca. Il s'assied donc et me donne des détails sur l'histoire et le groupe rebelle en question. La conversation dérive évidemment sur la Palestine et la situation actuelle.

Après 1h30 de discussion, on finit la session et je fixe le programme pour la prochaine séance: je veux tout savoir sur ce qui se passe en ce moment dans la Bande de Gaza! Il s'arrache les cheveux, oh non! Je n'aime pas parler de la politique!

Je discute ensuite avec un ami irakien à qui je raconte ma leçon d'arabe et ma leçon de politique. Ohohoh pourquoi entames tu la conversation sur la politique! C'est une question que tu ne dois pas soulever! Et d'autant plus que tu es une étrangère! Alors les gens se méfients, ils peuvent penser que tu fais partie d'un réseau de renseignements, ou à l'inverse ils peuvent faire passer le mot que tu t'intéresses un peu trop à tout ça. Et puis surtout en ce moment! Arrête de parler politique!

Me voila donc condamnée à parler de la pluie et du beau temps à ma prochaine leçon....

22:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

28.05.2006

Conversation au rayon jupes

J'ai été témoin hier d'une conversation entre une Jordanienne et une Irakienne.

La scène: un magasin de vêtements à 9h du soir dans un quartier calme limite bobo de la capitale. La Jordanienne, voilée, travaille pour le magasin, tandis que l'Irakienne est une cliente qui attend son amie qui est coincée dans la cabine d'essayage depuis 1 heure.

- Vous habitez où? je ne vous ai jamais vu ici au magasin

- Oh j'habite Jebel Webdeh mais à l'autre bout, pourtant je viens souvent ici.

- Non, je ne vous ai jamais vue. Oh il est bien calme votre quartier, moi j'habite juste à côté. Vous voyez la rue qui passe en bas derrière, et bien je marche 3 minutes à pieds et je suis à la maison.

- Ah c'est pratique ca. Et vous travaillez ici jusqu'à quelle heure?

- Jusqu'à 10h, tous les soirs. C'est un peu tard, surtout que je rentre à pied à la maison le soir et je me dépeche de rentrer car j'ai peur.

- Vous avez peur ?

- Oui j'ai peur le soir

- Vous avez dit que vous avez peur ??? Ben didons, si vous habitiez à Bagdad et que vous avez peur, vous ne sortirez jamais de chez vous.

 

18:34 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

27.05.2006

examens

En Iraq, les examens de l'école et des universités ont débuté la semaine dernière.

La sécurité autour des écoles et universités a donc été multipliée par 4, avec des troupes de police stationnant devant les bâtiments et vérifiant les entrées des éleves. Un stress de plus ajouté aux étudiants!

Les examens du baccalauréat sont extremement importants pour les étudiants. En effet, le système est basé sur es notes obtenues à l'examen et seules les meilleurs résultats ont le droit d'accéder aux études les plus réputées. Ainsi, pour suivre des études de médecine ou d'ingénierie, il faut travailler de façon acharnée toute l'année.

Certains étudiants, n'obtenant pas des résultats suffisants pour obtenir la matière revée, n'hésitent pas à redoubler leur année de bac pour retenter les examens. Evidemment, rien ne certifie que les résultats seront meilleurs et peuvent même être moins bons!

13:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23.05.2006

Second travail

Comme si je n'avais pas assez à faire avec mon premier travail, je viens de me mettre un second travail sur le dos.

Des amis viennent de gagner un nouveau projet mais le bailleur préfère qu'un international soit la pour surveiller l'affaire. Je me suis ainsi proposée à suivre le déroulement du projet. Me voilà donc à travailler pour un hopital, formation des infirmières chefs à des nouvelles techniques de stérilization et distribuer des médicaments pour permettre la réalisation des opérations cardiaques et réduire le taux des complications.

J'ai négocié mon salaire durement et je devrais être rétribuée par un téléphone portable et 3 jours de vacances au bord de la mer en Syrie avec l'équipe!

Seul hic, le problème du compte en banque. En décembre dernier, avant les élections gouvernementales en Irak, les comptes bancaires de toutes les organisations ont été gelés. Organisations politiques, humanitaires, sociales, associations, comités, groupements, etc.. Ne connaissant pas exactement les étendues des activités de ces organisations, le gouvernment a préferé tout geler pour éviter le financement des activités terroristes qui sont généralement à la hausse en période de haute décision politique. Toutes les ONGs ont donc eu leur compte bloqué, impossible de retirer de l'argent pour continuer les activités.

Et vous pensez que le gouvernment aurait ordonné le dégel après les élections! Que nenni, l'affaire a bien duré 4 mois. Après des papiers officiels obtenus auprès d'un comité créé par le ministère de l'interieur, puis à l'intervention du ministère du travail et affaires sociales qui rendait une décision, enfin le compte pouvait être débloqué.

Bref, avec tout ca, mes chers amis n'ont pas débloqué leur compte et pourtant il faut faire vite pour débuter le nouveau projet!

09:11 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

20.05.2006

Relation parent-enfant

En discutant avec un ami, Samer, j'en apprend un peu plus sur les composantes d'une nouvelle relation: le lien parent-enfant.

C'est bien connu, les personnes agées sont les personnes à respecter. Ils ont vécu une longue vie remplie d'expériences et les plus jeunes en ont long à apprendre de leur part. Un respect inévitable est à établir et les conseils et demandes doivent êtres suivis.

La relation parent-enfant est basée sur le même principe. L'enfant, quelque soit son âge et sa position, doit appliquer les règles et les demandes de ses parents.

Samer se plaint de son manque d'indépendance. Il est pourtant majeur, il travaille et gagne sa vie depuis longtemps, il est aussi un homme mais ses décisions doivent être soumises à l'approbation de ses parents. Il se sent emprisonné et pas vraiment libre de ses choix.

Un poids est de plus ajouté par les liens forts tissés au niveau familial, oncles, tantes, cousins.. qui n'hésitent pas à s'immiscer au sein des relations de la famille proche. Ne pas suivre un conseil ou une décision de son père ou de sa mère, lui apportera des reproches des autres membres de sa famille élargie pour avoir manqué de respect à ses parents.

Il sait pourtant reconnaitre la grande valeur de ce type de relations, des bohneurs et des avantages d'avoir une famille soudée mais il reconnait que les inconvénient sont quelquefois pesants.

Des relations à l'occidentale? non il n'en veut pas. L'image de l'occident est décidément faussée. Le respect n'existe pas et nous vivons chacun dans notre coin à penser à notre bien-être personnel. Sont sans doute à blamer les films américains où le plus souvent sont illustrées des familles qui se déchirent et des proches qui se font des coups bas. A quand une campagne d'information sur les réelles valeurs occidentales ? 

13:08 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

19.05.2006

La permission

Un ami irakien est resté quelques jours à la maison lors de son passage à Amman. Il aime parler des droits des femmes, surtout qu'il connait mes positions, et m'aide au long de longues discussions animées à comprendre petit à petit les explications du pourquoi du comment.

La clef centrale du problème est la réputation et l'honneur de la famille puis de l'individu. Ce que peuvent penser l'entourage, les voisins sur les membres de la famille est d'importance primordiale.

Or, il est bien connu que les hommes, étant des hommes, peuvent se permettre de faire n'importe quoi. Toute mauvaise action lui sera pardonnée, car c'est un homme.

En revanche, les femmes se doivent d'être de bonne composition. En effet, de façon générale, la réputation de la femme peut être très vite tâchée et les mauvaises images restent collées à sa peau pour bien longtemps.

Un homme se conduisant de mauvaise façon, ce n'est donc pas très grave, l'affaire sera vite oubliée et ne pesera pas vraiment sur la réputation de la famille. En revanche, si la femme commet un écart, non seulement son honneur sera grisé mais celui de sa famille avec, qui n'a pas su éduquer sa chère fille.

Pour éviter tout mauvais écart d'une jeune fille, il est donc préférable de lui donner des conseils et de vérifier à deux fois ses faits et gestes. Elle veut aller voir ses amies ? sortir prendre l'air ou faire des courses? les détails sont examinés par un homme de la famille qui finalement donne ou non sa permission si la situation le permet.

Evidemment, je caricature... mais celà m'aide à comprendre bien des choses!

11:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note