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27.09.2006
Ramadan Kareem
Le ramadan a débute il y a quatre jours.
Grand préparatifs, j'ai la bonne idée de passer par le supermarché la veille, il est plein, les gens remplissent leurs chariots pour les jours suivants.
Les maisons et les magasins sont illuminés, un air de fête reigne dans les rues, la queue à la boulangerie s'allonge et les crepes de ramadan apparaissent dans les magasins.
Mon collègue qui est à Amman va sauter les premiers jours de Ramadan. Etant en voyage, il a le droit de ne pas débuter en même temps que les autres et de rattraper ces jours là après l'Eid.
Le casse du jeune est à environ 18h30. Les journées sont longues. A partir de 17h, les rues se vident pour devenir mortes. Il devient difficile de trouver un taxi à ces heures là! Le chant de la prière commence, le chauffeur de taxi allume sa première cigarette de la journée à la minute même. Des petits cartons sont distribués dans la rue par les mosquées pour ceux qui n'ont pas la chance de rentrer chez eux pour le foutur: une bouteille d'eau, 2 mini barres de chocolat, et quelques dattes pour avaler sur le pouce. Il n'y a plus un bruit dans les rues, seuls les chocs des couverts et des casseroles se font entendre.
La nuit est ensuite longue puisque tout le monde en profite pour manger et boire à volonté. Ramadan est aussi la période de fête où on offre des cadeaux et ou on se fait plaisir, les soirées sont passées à faire des courses dans les magasins.
J'ai découvert le damam, une tradition qui se perd. Un homme dans la rue à 3h du matin qui frappe un grand tambour afin de réveiller les gens pour qu'ils préparent le petit déjeuner afin de pouvoir manger avant les premiers rayons de soleil.
12:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.09.2006
Zozo
Le cadre:
Une large terrasse sur le bord d'une colline d'Amman, dans un quartier traditionnel. Elle surplombe la vieille ville et donne vue sur Jebel al-Qala'a, la citadelle illuminée le soir, et les autres collines autour. Des lumières apaisantes et romantiques, quelques feux d'artifices ici et là célébrant un mariage.
L'évênement:
La jordan royal film commission organise des awards de courts métrages. Ce soir est projeté un long métrage suédois. Un grand écran est installé au bout de la terrasse, des chaises sont alignées devant. Le pop corn et les pepsi sont distribués gratuitement.
Le film:
Zozo. Un enfant vivant à Beyrouth à l'époque de la guerre civile libanaise. Sa famille attend des visas pour partir en Suède rejoindre une partie de la famille. Le jour du départ, Zozo est séparé de sa famille et doit faire seul son chemin vers le pays doré. L'humour arabe qui nous fait rire de choses noires est présent. Un beau film à aller voir mais qui n'a pas l'air d'être sorti en France.
10:00 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
18.09.2006
Palestiniens et Irakiens
Je vous avais déjà parlé du cas des Palestiniens vivant en Irak et des problèmes rencontrés face à la communauté irakienne.
Le conflit généralisé vient enfin d'être officiellement reconnu par Human Rights Watch qui vient de publier un rapport sur 'La situation périlleuse des Palestiniens en Iraq'.
Mon projet sur les Palestiniens a repris depuis 1 mois maintenant. Après une tournée d'entretiens réalisés dans les quartiers palestiniens, nous avons réalisé une tournée d'entretiens dans les quartiers irakiens situés en bordure des quartiers palestiniens afin de mieux comprendre les méchanismes des conflits qui agitent la population.
Notre premier essai a été lancé: organisation d'un workshop réunissant des membres des deux communautés afin de parler des problèmes des Palestinians avec les mairies locales. Chapeau bas aux facilitateurs qui ont réussi à créer une atmoshphère fraternelle entre les participants. Enthousiastes, ils ont dréssé une liste d'activités qui seront organisées dans les mois prochains afin de rapprocher les deux communautés.
Une étape un peu plus critique demain avec l'organisation d'un second workshop rassemblant des membres des médias des deux communautés. Les participants sont connus pour leur opinions plutôt extremistes, l'ambiance risque d'être électrique.
16:03 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
15.09.2006
Un monde Philippin
Les philippins (philipinois? bref des Philippines!) sont nombreux à Amman. Les jeunes filles sont en grands nombres, ainsi que les indonésiénnes et servent dans les maisons des Jordaniens. Filles au pair, elles s'occupent des enfants, font la cuisine et le ménage, apportent le café et dorment à la maison. Je dirais même plus des esclaves.
Toute bonne famille jordanienne qui se respecte a une petite servante à la maison.
J'ai découvert hier soir une autre facette des philippines à Amman; dans un bar d'un grand hôtel, 4 philippines habillées de mini mini jupes et de grandes bottes, micros à la main, font le spectacle tous les soirs. Elles chantent à tue tête des grands classiques sur chorégraphie. Soit-disant, il s'agit d'un groupe assez connu en Philippine.
La communauté philippine est au rendez vous, tous les soirs. Le bar se rempli vite, et ca parle et ca rigole philipin. Les grosses têtes sont au rendez vous: voila l'ambassadeur, voila une grosse pointure du business, d'autres étrangers sont au bar et regardent le tout d'un oeil amusé.
16:19 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14.09.2006
Conférence au Kurdistan
Le Kurdistan est la seule et unique région d'Irak qui est à peu près calme. Bénéficiant de son gouvernment et de ses forces armées indépendantes, la sécurité y est correcte.
La preuve, beaucoup d'étrangers sont toujours installés au Kurdistan, notamment à Erbil, qui est la ville principale de la region. Les ONGs internationales ré-établissent des branches à l'intérieur d'Irak à Erbil ce qui leur permet de rester plus facilement en contact avec leur staff local.
Beaucoup d'activités dans le cadre de projets humanitaires se déroulent au Kurdistan par souci de sécurité, il est en effet plus facile d'organiser des conférences et des trainings dans des lieux calmes.
Le Kurdistan est un lieu de vacances de plus en plus apprécié par les irakiens qui cherchent un peu de tranquilité au milieu de la tempête. Les complexes de vacances poussent comme des champignons et les prix grimpent de façon faramineuse pour approcher les prix européens. Il faut dire que le Kurdistan est apprécié pour ses montagnes et ses cascades, qui contrastent avec le reste de l'Irak.
C'est donc naturellement que le Kurdistan a été sélectionné comme lieu de déroulement d'une conférence sur laquelle je travaille. Un projet sur les droits des personnes déplacées en Irak a permis l'organisation dans tous les départmements du pays de workshops regroupant des représentants des déplacés et des membres du gouvernment local. Des recommendations sur la façon de mieux prendre en compte les droits et l'application des droits des personnes déplacées vont ainsi être présentées à des members du gouvernment national, et des représentants des Nations Unies.
Suleymania est la deuxième ville du Kurdistan, proche de la frontière avec l'Irak et d'avec l'Iran.
J'aurais du participer à cette conférence en tant qu'organisatrice, mais j'ai encore quelques réserves quant à me rendre au Kurdistan. Dommage, je découvrirai l'Irak et le Kurdistan une prochaine fois.
13:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.09.2006
Détention et documents suspects
T., un membre de l'équipe d'une de mes ONGs partenaires, a disparu pendant 3 jours. Inquiétant d'autant plus que nous sommes entrain de préparer une conférence importante qui se déroule Samedi et qu'il devait apporter des documents précieux et organiser des détails logistiques de premier ordre (les billets d'avion des participants).
Aucune nouvelle, son téléphone est fermé, sa femme n'a pas été en contact avec lui. Déroutant en Irak de perdre la trace de quelqu'un, nous savons tous qu'il peut y avoir plusieurs causes à celà...
Mais T. apparait au bout de 3 longs jours. Alors qu'il montait du Sud de l'Irak pour se rendre à Bagdad, il a été arrêté à un check point de l'armée. Les soldats ont trouvé les documents qu'il transportait suspects et il a été embarqué, les piles de papier sous le bras. Il est mis en cellule, alors que les documents sont envoyés au Ministère de l'Intérieur pour vérification. Evidemment, il ne s'agit que de factures et de listes de recommendations pour améliorer les conditions de vie des personnes déplacées, aucun plan d'attaque terroriste la dedans.
T. étant à Bagdad, il doit maintenant se rendre au Kurdistan, lieu de la conférence. Malheureusement, il n'est pas au bout des obstacles mis sur sa route. Le plan de sécurité de Bagdad phase 3 vient d'être lancé, et le quartier où il passe la nuit va être bouclé pour être ratisser. Comment donc rejoindre le Kurdistan? T va t-il savoir amadouer les forces irakiennes et multinationales pour passer les barrages? Suite au prochain épisode.
17:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2006
La guerre du Liban
C'est toujours dur quand on entend parler de la guerre du Liban de ne pas penser automatiquement aux années 80. Et pourtant la guerre du Liban date maintenant de 2006.
J'ai rencontré une personne travaillant pour une grande organisation européenne qui était au Liban durant la guerre et qui m'a raconté un peu sa vision de la guerre en étant à l'intérieur du pays. Elle a visité le sud Liban après le retrait de l'armée israélienne afin de juger les besoins en reconstruction des zones les plus touchées. Elle a vu les immeubles éffondrés, les retours des habitants n'ayant plus de toit, et les fragments de bombes jonchant le sol et les gravats que les israéliens ont juré ne pas avoir utilisé.
On est toutes les 2 du même avis: le traitement médiatique de cette guerre en Occident a été tellement stérélisé. Vous rappelez vous avoir vu des immeubles effrondés, des corps d'enfants tués, des voitures en flammes et des femmes hurlantes? Non, car les télévisions européennes et occidentales n'ont jamais montré ces images là. On a vu des journalistes commentant les mouvements de l'armée israélienne à la frontière sud, on a vu des ponts éffondrés en plein Beyrouth, on a vu la difficulté d'acheminement de l'aide humanitaire, mais on a jamais vu une goutte de sang, on a jamais vu des larmes sur les joues des enfants comme des parents, on ne nous a jamais montré l'horreur de la guerre. Ces images sont tabous à la télévision? certaintement, il ne faut pas effrayé l'audimat et ne pas choquer.
Je n'ai jamais eu dans la tête l'image réelle de cette guerre qui se passait à quelques centaines de kilomètres de chez moi. Des bombes tombaient, certes, mais je n'ai jamais réalisé l'horreur qui pouvait exister. Jusqu'à ce que j'ai reçu des images venant du Liban par internet, des images des maisons éventrées et des hopitaux débordés. La mort, le sang, la souffrance. La guerre avec un grand G.
Les télévisions arabes, elles, n'ont pas peur de la réalité. Cette réalité qu'ils vivent tous les jours et communément dans les pays du moyen orient, en Palestine, au Liban, en Irak. Le sang et la mort ne choquent plus. Les corps inertes et la souffrance sont une destinée. Et la haine face à ceux qui infligent ces douleurs s'installe dans les coeurs.
09:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.09.2006
Koushari
Le koushari est traditionellement le plat des pauvres, plus particulièrement des Palestiniens.
Riche en protéines, il rempli l'estomac pour quelques bonnes heures. Des couches d'ingrédients peu chers et faciles à avaler:
une couche de riz blanc agrémenté de quelques vermicelles
une couche de grosses coquillettes
une couche de lentilles
le tout arrosé d'une sauce tomate
un topping d'oignons grillés et quelques pois chiches
le tout accompagné d'une sauce rouge fortement pimentée
Aujourd'hui ce plat se trouve dans des petites échoppes à emporter et est servi dans des petits plats en aluminium.
Ces restaurants se font rares et il faut connaitre les bons endroits!
11:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.09.2006
La boulangerie de Bagdad
A coté de chez moi, il y a la boulangerie de Bagdad.
Pour que tous les irakiens installés dans mon quartier se sentent comme chez eux.
Les fours produisent tout au long de la journée ces galettes de pain brulantes. L'odeur s'échappe de la boutique et fait saliver les passants.
Ces galettes s'achetent à la pièce, 10 cents de dinar jordanien, moins de 15 centimes d'euros.
Je ne résiste pas à prendre quelques galettes pour moi et les accompagner d'un pot de houmous frais sortant du restaurant voisin.
Je me présente donc au comptoir de la boulangerie: bonjour je voudrais 3 galettes.
Voila un jeune qui fronce les sourcils et me demande d'un air pas très sympathique: tu es israélienne?
Je ne suis pas sure d'avoir du bien comprendre la question car elle me parait un peu bizarre: Quoi?
Tu es israélienne? Cette fois je réponds d'un Quoi d'étonnement. Tu es israélienne? demande t-il d'un ton insistant.
Non, je suis française. Aaaah choisis les 3 galettes et ca fera 30 cents.
Je demande alors le but de sa question: mais pourquoi tu me poses cette question?
Tu n'as pas l'air arabe alors je pensais que tu étais israélienne! me répond t-il avec un grand sourire.
Ben voyons...
10:36 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
05.09.2006
Customer Care à la jordanienne
SIlence radio obligé, internet n'a toujours pas fait son chemin jusqu'à chez moi.
Voila un mois qu"un représentant de la compagnie internet est venu chez moi. Je signe le contrat pour ouvrir une ligne de téléphone et internet, Madame, votre ligne et votre internet seront là dans 10 jours! C'est long mais je saurai être patiente.
Les jours passent les semaines passent et rien ne vient. J'appelle le représentant des dizaines de fois, la société des dizaines de fois, rien n'y fait, voila maintenant 3 semaines que le vent souffle. Excédée, je finis par m'énerver au téléphone: vous prenez mon argent mais rien ne se passe! Je ne suis pas contente et je vais finir par annuler mon contrat avec vous. Réponse de l'employée tout à fait charmante: oui madamde ceci est votre droit de récupérer votre argent et d'arreter votre contrat! Ce n'est pas vraiment la réponse à laquelle je m'attendais, alors que je pensais mettre la société entière sur le branle bas de combat. Je finis par me présenter à l'entreprise pour rencontrer le manager, oui oui madame ca vient, calmez vous.
Deuxième obstacle, la compagnie qui vient m'installer la ligne de téléphone et le modem, qui ne se présente pas au rendez vous. Je ne parle plus qu'aux managers: ou est l'employé qui devait venir? Madame, il a eu un accident de voiture alors qu'il était en chemin! Et pourquoi ne m'a ton pas prévenue? Madame, j'en suis désolée mais nous avons oublié.
Après un mois, me voila avec une ligne de téléphone. Internet d'ici 2/3 ou 4 mois? Je patiente...
En attendant on essaie de mon convaincre de me rendre à Sulaymania au Kurdistan pour une conférence, la tentation est grande mais je suis raisonnable, les tensions montent entre les kurdes et les irakiens pour une histoire de drapeau et pourrait avoir des conséquences.
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