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20.10.2006

Un libanais raconte..

Ali, travailleur humanitaire, a habité à Amman ces dernières années alors qu'il planchait sur des projets en Irak. Il est venu cet après midi à la maison pour qu'on puisse discuter sur une collaboration éventuelle pour un projet de training.

Sahant qu'Ali est libanais, j'en ai profité pour lui poser quelques questions sur la guerre du mois de Juillet dernier et la situation actuelle. Ca tombe bien puisqu'il était lui même au mois de Juillet à Beirut, appeler pour renforcer les équipes d'une grande ONG internationale. 

Il raconte: Ma famille possède une petite maison juste à la sortie de Beirut, un peu dans les montagnes. Ils sont tous allés se réfugier la bas, ainsi que des amis, des voisins. A un moment ils étaient 35 à vivre dans cette petite bicoque! Ma famille va bien et je ne connais personne personnellement qui a été touché par la guerre. Mais plusieurs proches ont eu leur maison détruite: ma famille habite dans une banlieue sud de Beirut qui a été particulièrement touchée, mes parents font des réparations, ma tante a perdu sa maison, mon cousin a perdu son appartement, mon oncle fait des réparations, etc..  Le Hezbollah nous a donné de l'argent, ce qui nous aide à reconstruire et à réparer. Le gouvernment libanais a promis beaucoup de choses, mais pour l'instant rien n'est encore débloqué.

C'est la réaction du peuple syrien qui a été impressionante. Le gouvernmenent et les UN ont bougé après les Syriens eux mêmes. J'ai vu des Syriens qui partaient avec leur voiture à la frontière libanaise, et ils prenaient une famille entière qu'ils ramenaient à Damas, et la logeaient chez eux jusqu'à la fin de la crise. Vraiment, c'était touchant de voir celà. La frontière syrienne était grande ouverte pour les Libanais, et les réfugiés défilaient, remplissant vaguement les cartes d'entrées et les guardes ne vérifiant pas grand chose. C'était la même chose à la sortie, à la fin de la guerre, les voitures libanaises filaient vers Beirut et s'arrêtaient 3 minutes au poste frontière pour poser la carte de sortie et s'en retourner chez eux.

Situ vas à Beirut aujourd'hui, tu ne verras rien. Le centre ville n'a pas vraiment été touché ou tout a été très vite déblayé. Il faut plutot aller dans les banlieues au Sud. Mais même là, les familles sont en pleine reconstruction. Et ils remettent leur appartemment au gout du jour, on voit plein de spots apparaître, des designs tendane qui donnent un goût nouveau à la ville.

Ali a failli m'emmener avec lui à Beirut puisqu'il repart dès demain. Dommage que j'ai tant de travail, nous avons pris date pour fin novembre...  

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