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30.10.2006

Baghdad under siege

Ca ne fait pas la une des journaux mais la vie est bloquée depuis plus d'une semaine à Baghdad.

Les checkpoints se sont soudainement multipliés dans la ville, tenus par les soldats américains et irakiens. Résultat: couvre feu imposé dans certains quartiers, circulation difficile dans d'autres. Les checkpoints encerclent certains quartiers et le passage est long: chaque voiture est minutieusement fouillée et observée avec un miroir avec d'être autorisée à passer. Ainsi, les queues s'allongent et il faut souvent une moyenne de 2h d'attente pour passer. Ceci ajoute au stress générale de la situation sachant que:

- il ne faut pas trop traîner longtemps dehors

- encore moins stationner près des troupes américaines qui sont souvent prises pour cibles.

Résultat, beaucoup ont choisi le moyen de transport pédestre.

Hussain rejoint le bureau à pied, il n'habite pas très loin, il emprunte les petites rues un peu plus calmes car les grandes rues sont souvent emrpuntés par les tanks américains, et sont donc soit fermées, soit dangereuses. Aree, lui, marche afin de sortir de son quartier pour pouvoir rejoindre son driver. Le chemin est compliqué: 1h de marche pour rejoindre la voiture qui l'emmene un peu plus loin, et encore un peu de marche pour atteindre le magasin.

Il faut savoir que la marche n'est pas de tout repos. Comme je disais plus haut, il ne faut pas traîner trop longtemps dehors. Il faut ainsi accélerer le pas. Mais un piéton est une cible tellement sans défenses! Pas question de marcher d'un oeil tranquille, il faut regarder autour de soi et savoir à chaque instant ce qu'il se passe, qui marche derriere soi, qui arrive devant soit, quelle voiture ralentit à son passage.. Bref, ce n'est pas ce qu'on appelle la balade du dimanche.

Les mouvements étant plus que réduits donc, me voila confrontée à un probleme. J'ai un autre workshop qui débute demain pour mon projet avec les palestiniens, comment les invités vont ils donc rejoindre le lieu indiqué? L'hôtel qui abrite le workshop semble être en ce moment facile d'accès, on attendra donc anxieusement demain pour savoir si une majeure partie des invités seront au rendez vous...  

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27.10.2006

Pendant ce temps, en Palestine..

J'avais relaté un peu plus bas quelques nouvelles de Palestine.
Un ami, Tareq, est de passage à Amman pour fêter les fiancailles d'un de ses amis, il me raconte ainsi en direct à quoi ressemble la vie en Palestine en ce moment.

Tareq a arrêté de travailler pour le Ministère du Travail depuis début Septembre, il s'est mis en grève comme ses autres collègues. Les journées sont longues: il dort, il lit, il va au café et le moral n'est pas au beau fixe car le futur ne semble pas rose. Chercher un nouveau travail? Il a un peu essayé mais toutes les perspectives en Palestine sont bouchées. Comment les industries marchent elles alors que près de 50% de la population n'a pas recu de salaire depuis plus de 6 mois?

Tareq a travaillé pour une journée comme traducteur pour un journal espagnol. Il a accompagné le journaliste à la rencontre des commercants de Ramallah: les commercants sont en détresse, les clients se font rares, et ceux qui achètent encore le font à crédit. Les épiciers sont les plus mal lottis, comment refuser de faire payer à crédit un sac de riz à son voisin qui a 6 enfants à nourrir? Les notes s'allongent et personne ne sait quand il sera possible de rembourser. La fête du Ramadhan n'était pas vraiment une fête, les boutiques sont vides et les tables sont maigres. Mêmes les grandes compagnies sont obligées de faire crédit: Jawwal, l'opérateur mobile palestinien n'ose pas interrompre les lignes.

Dans le camp de réfugiés de Qalandiya à l'entrée de Ramallah, les gens mettent cette situation sur le dos du Fatah. Le Fatah et Mahmoud Abbas seraient à la tête d'un complot avec les pays internationaux pour faire tomber le Hamas. Mais le peuple palestinien soutiendra le Hamas jusqu'au bout...

La situation est coincée, qui craquera le premier?

Tareq, lui, rêve de partir pour un pay du golfe, où il gagnera enfin un peu plus honnetêment sa vie.

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25.10.2006

Les confessions de Hayder

Hayder est un collègue qui m'a toujours étonnée: la vie à Bagdad n'a jamais eu l'air de le toucher ou du moins il ne l'a jamais montré. Toujours de bonne humeur, toujours prêt à rigoler, lorsque nous abordons quelques fois les questions sérieuses, il reste zen. Les attentats, on ne peut rien faire, ca nous tombe dessus ou non, être au mauvais endroit au mauvais moment.. Les kidnappings, il trouvait toujours une bonne raison pour ne pas se sentir visé: je suis kurde, je n'intéresse personne! En plus je suis sunnite mais je fais partie de la famille sacrée de Mohamed, donc je suis intouchable pour les Chiites; Si ils me kidnappent, c'est pour obtenir l'argent de l'ONG et il faudra bien que je trouve un moyen pour payer la somme qu'ils demanderont! Mais il avoue ne pas vraiment être concerné par celà et dort la nuit sur une oreille. (sachant que tous les autres irakiens dorment sur un quart d'oreille!)

Hier soir, alors que j'avais Hayder en ligne pour lui fêter une bonne fête de l'Eid, il craque. Tu sais l'Eid, je ne sens même pas que c'est l'Eid. Depuis ce matin, j'entends des échanges de tirs, des tirs de mortiers pas loin de la maison, ca ne s'arrête pas. On a fait le repas, on a offert des cadeaux, mais où est la joie? Avant, je sortais rendre visite à la famille, à mes amis. Por l'Eid on sortait le soir, on allait danser et on rentrait vers 4h ou 5h du matin. Aujourd'hui, qu'est ce que ca représente pour nous l'Eid? Il n'y a pas de fête, pas de joie. Ca fait 2 ans que je ne sens plus les fêtes. Comment on peut faire la fête avec les choses qu'on voit à la télé chaque jour, avec les histoires qu'on entend sur les gens qu'on connait? Il y a trop de malheur. Je vis maintenant comme ma grand-mère, à rester enfermer toute la journée, à ne pas sortir.

Je veux une vie calme, une vie où je suis libre de faire ce que je veux quand j'en ai envie. Je veux une vie où j'aurais des choses basiques, de l'électricité, de l'eau, de l'essence et de la paix. C'est vraiment trop demander?

 

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24.10.2006

Eid Al Fitr

Voici la fin du Ramadhan venue. Soulagement de tous mais tristesse aussi, le mois de fête touche à sa fin et la vie va reprendre son cours normal.

Evidemment le Ramadhan ne finit pas au même moment dans tous les pays. L'Irak a fêté l'Eid hier tandis que l'Eid en Jordanie est fêtée aujourd'hui. Différence dans la vision du croissant de lune. Comme pour le début du Ramadhan, ce n'est que la veille au soir si l'on sait que le Ramadhan va toucher à sa fin. En jordanie, tout le monde s'attendait à ce que l'Eid soit lundi mais dimanche soir, il a été annoncé que le Ramadhan continuerait un jour de plus.

Hier soir donc, les magasins sont bondés. On achète des petits cadeaux pour les proches pour la fête. Aujourd'hui, les rues sont calmes, déjeuner en famille pour fêter l'Eid. Un demi-mouton (ou un gros!) sera grillé afin de pouvoir manger à volonté.

Les visites de la famille et des voisins vont commencer afin d'échanger les 'Eid Mubarak'. S je faisais les choses bien, je devrais au moins passer un coup de fil à mes amis musulmans.

Eid Mubarak!

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23.10.2006

La robe de Meriem

Je me suis rendue hier soir au diner de fiancailles de mon ami Dina. Diner entre proches afin de présenter le futur mari à la famille et d'échanger les anneaux. Curieuse habitude: les anneaux sont achetés pour les fiancailles et sont échangés devant les invités, mis à la main droite; le jour du mariage, les anneaux changeront de main pour se mettre à la main gauche. J'ai bien essayé de souffler à Dina qu'elle se faisait leser sur le diamant, j'ai eu droit à un regard foudroyant du fiancé (pour rire).

A ce diner, il y avait une petite fille, Georgette. Georgette a 2 ans et 3 mois et est habillée d'une jolie robe toute blanche. Il s'agit en fait de la robe de Meriem (Marie). Les parents, avant la naissance de l'enfant, ont fait une promesse à Dieu, disant que si il leur était donné une petite fille en bonne santé, elle porterait la robe de Meriem pour un an. Le voeu ayant été réalisé, voilà Georgette qui devra porter la fameuse robe pour un an. Elle ne revêt cette robe que lorsqu'elle sort de chez elle et devant des gens qui la voient pour la première fois.

Cette pratique est apparemment courante en Jordanie où les gens font toutes sortes de voeux: les parents peuvent par exemple promettre à Dieu que si un petit garçon nait, il revetra l'habit de Jesus pour un an, ou l'enfant servira à l'église pour quelques années, etc.

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22.10.2006

attaque du check point

Décidément, quand ce n'est pas l'un, c'est l'autre.

Aujourd'hui c'est Aree qui est à la une: Aree s'en est allé hier faire des courses pour son bureau. Rien de plus banal, il s'agissait de faire relier un rapport final du projet pour présenter quelquechose de professionnel au bailleur. Il fait donc appel à son chauffeur qui l'emmene à la grande papeterie du coin.

Lorsqu'il sort du magasin, il entend une explosion: à 40 mètres devant lui, une bombe vient d'exploser au check point mis en place par les forces spéciales irakiennes. Il monte dans la voiture qui l'attend devant la porte et file dans l'autre sens, sans demander son reste.

Alors que je lui demande si il va bien, il me répond: t'inquietes, je suis vivant!

Dur de continuer à vivre sa vie dans de telles conditions: pour preuve, un training que j'organise en ce moment à Bagdad. Il devient compliqué de convaincre des éventuels participants à s'inscrire. La dernière méthode utilisée, le porte à porte! Mes collègues ont rendu visite aux potentiels interessés afin de les convaincre de s'inscrire: vous devez continuer à vivre! il faut sortir de chez vous et continuer vos activités, c'est ca la vie! Ca a l'air de marcher puisque nous avons réussi à réunir nos 20 participants.

A noter que les attaques à Bagdad ont augmenté en moyenne de 20% pendant ce mois sacré du Ramadan, je n'ai pas encore les chiffres des nombres de morts.

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21.10.2006

Les tribulations de Tahsin

Tahsin est un autre de mes collègues, installé à Kut, au sud de Bagdad.

Tahsin a déjà fait face à quelques problèmes le mois dernier, disparu pendant 3 jours, il avait été arrêté à un checkpoint mis en place par l'armée alors qu'il transportait des documents 'suspects': ces documents étaient les rapports d'un projet mis en place dans le sud afin d'établir des liens entre les personnes déplacées de leur lieu d'origine et les autorités locales de leur lieu de refuge. Très suspects donc ces documents. Il avait été mis en détention pour 3 jours le temps que ces documents soient révisés par le Ministère de l'Intérieur. Sain et sauf, notre Tahsin avait été relaché sans une égratignure.

Mais voila que Tahsin a disparu encore pendant 1 semaine sans donner de nouvelles. Cette fois, c'est un autre groupe qui s'interesse à lui. Tahsin était un après midi entrain de boire un café au boui-boui du coin, lorsqu'un homme rentre et s'écrie: il y a parmi vous un traitre qui travaille avec les américains! Il habitait à Bagdad mais le voilà maintenant à Kut et il compte continuer ses opérations! Et ce traitre nommé, il s'agit de notre Tahsin national.

Le lendemain soir, alors que Tahsin rentre chez lui en taxi, une voiture le dépasse et lance 4 coups de feu dans sa direction en signe d'avertissement. Tahsin se renseigne alors sur cet homme du café: il s'agit d'un homme de la milice Al Bader. Heureusement, Tahsin a quelques connections, notamment il connait u homme du bureau de la milice Al Sader à qui il raconte son histoire. Ni une ni deux, rendez vous est pris avec les hommes du bureau de Al Bader pour résoudre la situation. Les faits sont expliqués, la situation éclaricie, Tahsin n'aura plus de problèmes.

Mais Tahsin n'est quand même pas tranquille. Ce n'est pas grave, il faut de toute façon qu'il se rende pour les prochains mois à Kirkuk pour un projet, où d'autres (més)aventures l'attendent.

 

21:53 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

20.10.2006

Un libanais raconte..

Ali, travailleur humanitaire, a habité à Amman ces dernières années alors qu'il planchait sur des projets en Irak. Il est venu cet après midi à la maison pour qu'on puisse discuter sur une collaboration éventuelle pour un projet de training.

Sahant qu'Ali est libanais, j'en ai profité pour lui poser quelques questions sur la guerre du mois de Juillet dernier et la situation actuelle. Ca tombe bien puisqu'il était lui même au mois de Juillet à Beirut, appeler pour renforcer les équipes d'une grande ONG internationale. 

Il raconte: Ma famille possède une petite maison juste à la sortie de Beirut, un peu dans les montagnes. Ils sont tous allés se réfugier la bas, ainsi que des amis, des voisins. A un moment ils étaient 35 à vivre dans cette petite bicoque! Ma famille va bien et je ne connais personne personnellement qui a été touché par la guerre. Mais plusieurs proches ont eu leur maison détruite: ma famille habite dans une banlieue sud de Beirut qui a été particulièrement touchée, mes parents font des réparations, ma tante a perdu sa maison, mon cousin a perdu son appartement, mon oncle fait des réparations, etc..  Le Hezbollah nous a donné de l'argent, ce qui nous aide à reconstruire et à réparer. Le gouvernment libanais a promis beaucoup de choses, mais pour l'instant rien n'est encore débloqué.

C'est la réaction du peuple syrien qui a été impressionante. Le gouvernmenent et les UN ont bougé après les Syriens eux mêmes. J'ai vu des Syriens qui partaient avec leur voiture à la frontière libanaise, et ils prenaient une famille entière qu'ils ramenaient à Damas, et la logeaient chez eux jusqu'à la fin de la crise. Vraiment, c'était touchant de voir celà. La frontière syrienne était grande ouverte pour les Libanais, et les réfugiés défilaient, remplissant vaguement les cartes d'entrées et les guardes ne vérifiant pas grand chose. C'était la même chose à la sortie, à la fin de la guerre, les voitures libanaises filaient vers Beirut et s'arrêtaient 3 minutes au poste frontière pour poser la carte de sortie et s'en retourner chez eux.

Situ vas à Beirut aujourd'hui, tu ne verras rien. Le centre ville n'a pas vraiment été touché ou tout a été très vite déblayé. Il faut plutot aller dans les banlieues au Sud. Mais même là, les familles sont en pleine reconstruction. Et ils remettent leur appartemment au gout du jour, on voit plein de spots apparaître, des designs tendane qui donnent un goût nouveau à la ville.

Ali a failli m'emmener avec lui à Beirut puisqu'il repart dès demain. Dommage que j'ai tant de travail, nous avons pris date pour fin novembre...  

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17.10.2006

Etre docteur en Irak

Les médecins qui se trouvent toujours en Irak aujourd'hui, sont dans une situation bien difficile.

Riches et éduqués, ils présentent une cible de choix pour les milices et kidnappeurs. Ainsi, des listes noires de médecins pour chaque hopital sont dressées afin de les attraper 1 à 1. Comme si ce n'était pas suffisant, les médecins sont aussi menacés par les familles des patients qu'ils n'ont pas pu sauver. Vengeance aveugle si le docteur a mal fait son travail....

Dans ce contexte, beaucoup de médecins ont fui l'Irak dès 2003. D'autres sont restés par devoir patriotique ou par manque d'opportunités mais aujourd'hui, ils sont peu à travailler dans leur domaine. Une des organisations avec laquelle je travaille est un nid à médecins. Amis de la fac ou ancien collègues à l'hopital, ils travaillent aujourd'hui ensemble dans le milieu humanitaire (non médical) et rares sont ceux qui effectuent encore 1 ou 2 journées de travail dans un centre médical. Ils se cachent.

La gouvernment irakien a pris des mesures pour empêcher la fuite des cerveaux hors d'Irak. Saddam l'avait déjà fait en son temps, en ne délivrant pas les certificats d'obtention des diplomes. Une procédure compliquée était mise en place pour obtenir le précieux certificat afin de mettre des bâtons dans les roues à ceux qui voulaient fuir le pays. En 2006, après une période d'asouplissement des procédures, il est de nouveau très dure d'obtenir les papiers essentiels pour sortir d'Irak. Khaldon veut partir finir ses études en Australie ou aux Etats Unis. Voila un mois qu'il court après les ministères et son université pour obtenir ses certificats mais il n'a encore rien vu. Il devra sans doute payer cher et être encore un peu patient pour obtenir le droit de sortie.  

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16.10.2006

Les mystères du Ramadan

Ce sont les derniers jours du Ramadan, profitons en pour en parler encore un peu.

Le ramadan (prononcez en fait Ramathan) garde encore un peu ses mystères pour moi: il semble être appliqué et respecté de façons différentes selon les pays.

Exemple en Jordanie: les premiers jours du Ramadan, alors qu'un ami allume une cigarette dans la rue, il se fait attraper par un local: mais tu es fou! si la police te voit, elle peut te mettre en prison! Et cela pour un mois, jusqu'après les fêtes de l'Eid. Mieux vaut donc de se garder de manger, de boire ou de fumer durant le Ramadan dans les lieux publics. C'est dur les premiers jours, mais on s'y fait vite.

Mais ceci ne semble pas vrai partout. Quelle surprise en Syrie de voir des petits restaurants et autres marchands de fruits frais ouverts et vendre leurs produits sur le trottoir! Nous voila bien vite au comptoir pour siroter un jus d'orange frais. Pas de regards foudroyants des passants, bizarre. De même à Damas, voila un café dans un jardin public ouvert et vendant boissons et collations à midi! Des promeneurs sont ainsi installés sur les bancs sous les arbres sirotant café ou cola local. Qu'à cela ne tienne, nous en faisons autant.

Le ramadan m'a frappé par son côté magique alors que j'ai suivi le rythme 3/4 jours lors du passage à la maison d'un ami et collègue irakien. A deux heures de l'après midi, il est l'heure de commencer à préparer le repas du futur. La table du casse du jeûne doit être bien remplie, il s'agit d'un repas festif copieux et divers! C'est ainsi la course à la préparation, sachant que tout doit être prêt et sur la table à 6h32 précises! La dernière demi-heure est agitée, les minutes sont décomptées pour être sur d'être dans les temps, il est encore temps de courir au supermarché pour acheter la bouteille de jus d'orange oubliée. A quelques secondes du début de la prière du maghreb, tout est prêt: les oreilles sont levées attendant le son du premier Allah Akbar. Et à ce moment là, ce sont des milliers de personnes attendant le même signal pour lever leur verre. Enfin la voix de la mosquée se fait entendre et il est temps de profiter du repas.

A savoir, le Ramadan diffère aussi selon les confessions. Sunnites et Chiites ne débutent et ne finissent pas en même temps (à 1 ou 2 jours près). Les Sunnites attendent la disparition du soleil pour casser le jeûne tandis que pour les Chiites, la tâche est un peu plus dure, c'est à l'apparition de la première étoile qu'ils pourront se mettre à table.

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15.10.2006

La suite des Palestiniens

Puisqu'on me demandait la suite des histoires des Palestiniens, la voila.

Mo deuxième workshop, travaillant sur le problème de la représentation des Palestiniens dans les médias s'est terminé sur une note de succès. Comme durant le précédent workshops, des liens ont été créés, et chaque parti a appris à connaître un peu mieux la communauté étrangère.

Résultat, des idées d'activités sympathiques, en autre, une exposition photographique sur les conditions de vies dans les quarties palestiniens et irakiens, des articles de presse à écrire rétablissant la vérité, des concours de dessins pour les enfants, etc.

La situation dans les quartiers palestiniens de Baghdad a empiré durant les premières semaines de Ramadan: après des lettres de menaces envoyées dans un quartier, mouvement de masse de 70 familles pour un autre quartier, des lettres de menaces envoyées dans un autre quartier, tandis que les coupables s'apercoivent bien vite que les hommes recherchés ont déjà quitté l'Irak. Initiative lancée par les leaders religieux, un diner pour casser le jeûne rassemblant irakiens et palestiniens. Sympa de voir que certains travaillent dans le même sens que nous.

L'impact des workshops ne se fait pas attendre: un documentaire diffusé sur une grande chaîne de télévision irakienne a été produit sur les conditions de vie dans un quartier palestinien. Un journaliste, columniste dans un grand journal de Bagdad ayant participé à un des workshops, connu pour ses positions anti-palestiniennes, a écrit un papier pro-palestinien!

Cela donne de la motivation et du courage dont il va falloir pour la suite. 

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14.10.2006

Spot télévisé anti-terroristes

Depuis quelque temps, des spots publicitaires anti-terroristes tournent sur les télévisions arabes.

Le premier était assez sanglant: un petit enfant joue sur un marché alors qu'il repère un homme actionnant sa ceinture d'explosifs, tout saute, les voitures s'enflamment, les gens sont projetés sur les vitres des magasins voisins, des morceaux s'éparpillent un peu partout.

Le deuxième est moins spectaculaire: une vieille femme regarde la galerie de portraits de gens de sa famille morts: son mari, sa fille, son fils, etc... 

La catch-phrase: le terrorisme n'a pas de religion.

Certains disent que cette campagne est financée par le gouvernment américain, d'autres disent que c'est un group irakien installé aux Etats Unis et travaillant pour la paix. Quoi qu'il en soit, quel peut être l'impact d'une telle campagne? J'ai entendu dire qu'en Irak, les panneaux publicitaires affichant de telles campagnes sont nombreux.

Vous pouvez voir les spots ici: http://www.noterror.info/index.aspx

13:46 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

13.10.2006

Arrêt des services publics

J'ai eu hier au téléphone un ami palestinian qui vit à Ramallah. Il travaille depuis 3 ans au ministère du Travail palestinien en tant que responsable informatique.

Depuis que le Hamas est monté au pouvoir après avoir gagné les élections de Janvier dernier, les aides internationales au gouvernment palestinien ont été coupées pour ne pas soutenir un parti et une organisation rangés dans la catégories des organismens terroristes. En conséquence, le nouveau gouvernment palestinien s'est trouvé incapable de faire fonctionner les services publiques et de verser les salaires.

Les Palestiniens connaissent la lutte et continuent à vivre malgré tout. Tareq a continué à se rendre à son travail jour après jour en espérant que le salaire viendrait un beau matin. Au mois de Juin, effectivement, un mois de salaire est tombé. Et puis plus rien.

Les salariés ne pouvant plus continuer à ce rythme longtemps, la décision commune a donc été prise au 1er septembre de s'arrêter de travailler. Ainsi, depuis maintenant presque 1 mois et demi, les ministères, les écoles et les hopitaux ne fonctionnent plus en Palestine.

Tareq cherche depuis un nouveau travail, mais la situation est bloquée.   

13:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

12.10.2006

Tentative de kidnapping

Hier en fin d'après midi, je travaillais en ligne avec mon collègue Aree alors que l'heure du casse du jeûne approche. Une pause s'impose, une petite demi heure le temps d'avaler une collation.

Aree revient une heure après: j'en ai marre de cette saloperie de pays d'Irak, je veux partir je veux partir.

Son voisin habitant la maison en face de chez lui a été attaquée. 6 hommes armés sont arrivés au bord d'un pick-up et ont démoli la porte du jardin pour atteindre la maison. Entendant ce bruit, Aree prend son fusil et court sur son toit pour voir ce qu'il se passe. La scène se passe apparemment très vite, le voisin est armé de son fusil et des échanges de tirs ont lieu, les hommes armés s'en vont bien vite. Un autre voisin est lui aussi posté sur son toit et arrose la rue de balles.

Le voisin attaqué travaillait auparavant pour les américains. Tentative de kidnapping? Avertissement? Personne ne sait.

En tout cas, ceci est la preuve que le plan de sécurité mis en place par les habitants du quartier eux mêmes sert à quelque chose: les voisins sont réactifs lorsqu'un incident est entendu dans la rue. Ce genre d'initiatives se multiplient à Bagdad et dans le reste de l'Irak, chacun s'assurant de sa propre sécurité puisque le système étatique n'apporte pas de solution.

Aree est sain et sauf mais le foutur a bel et bien été gâché.

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11.10.2006

La mosquée de Damas

La grande mosquée des Omeyyades de Damas est un des joyaux de l’Islam. C’est donc naturel d’en faire un point de passage prioritaire lors de la visite de Damas. C’est un endroit situé au cœur de la vieille ville qui est propice à une pose calme et tranquille à côté de l’animation et de l’agitation du souk Hamidiyye précédent la mosquée sur lequel sont vendus tissus et vêtements.

Alors que je parlais de la difficulté de gérer les horaires de visite durant le mois de Ramadan, voici que la grande cour de la mosquée des Omeyyades est fermée aux visites pour un moment. Tant pis, nous ne visiterons cette fois que la salle de prière.

La grande cour est en fait fermée pour préparation du futour: nous observons le manège de jeunes volontaires qui alignent dans la cour ce qui va constituer des repas pour environ 5000 personnes : un plat de riz, du pain, des pommes, une bouteille d’eau et une bouteille de jus de fruits. Des petits tas sont formés à distances régulières et le repas va vraisemblablement être distribué aux personnes pauvres.

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Nous sommes invités dans la cour pour regarder les préparatifs de plus pres. J’arrête un jeune homme faisant partie de l’organisation : tous ses repas sont ils destinés aux gens pauvres ? la réponse me surprend : non le mois de Ramadan est un mois de partage et tout le monde peut venir partager le repas à la mosquée.

Tous les jours du mois de Ramadan, 5000 repas sont ainsi servis par la mosquée.

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Nous sommes ainsi invités à rester pour partage le repas. A trois, nous nous asseyons autour d’une portion encore libre.

A 17h15, dès le premier Allah Akbar prononcé par la mosquée, les verres d’eau sont levés à l’unisson pour engloutir les premiers rafraîchissements de la journée.

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Ambiance bonne enfant, nous partageons notre portion avec les voisins qui n’ont pas assez de pommes et de riz.

10 minutes se passent, les plats sont finis et abandonnés à terre, il n’y a bientôt plus qu’un vaste désordre dans la cour de la mosquée.

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10.10.2006

En Syrie

Quelques jours de silence à cause de vacances familiales en Syrie.
La Syrie n’a décidément pas changée en 3 ans, date de mon dernier voyage en ce pays à si mauvaise réputation internationale : la situation économique globale reste inchangée, le ton de kitsh est omni-présent tandis que le contexte international a entraîné une baisse du tourisme considérable ce qui nous donne le statut de petits hommes verts débarqués dans leur pays.

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Le faible nombre de touristes nous fait vivre des expériences intéressantes (invitation chez les bédouins), quelques fois fatigantes (se faire héler à tous les coins de rue) mais l’accueil reste chaleureux et appréciable (malgré les abus systématiques des chauffeurs de taxis).

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Dur de voyager durant le mois de Ramadhan : il faut calculer son coup pour trouver de quoi se rafraîchir et se restaurer en temps voulu et faire face à l’arrêt de la vie quotidienne à l’heure du foutur, le casse du jeûne. Mais Ramadhan apporte aussi son charme, les soirées sont festives et les décorations ne manquent pas.

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Les décorations dans la rue et les magasins sont complétées par la multitude des drapeaux jaunes et verts du Hezbollah. Des photos groupant le président syrien, Bashar Al-Assad, son père Hafez ainsi que Nasrallah du Hezbollah sont placardés sur les vitrines. Les affaires politiques de la région sont un peu compliquées, entre le Liban qui met dehors la Syrie de son pays tandis que la Syrie supporte le Liban durant la guerre contre Israël et Nasrallah qui aimerait bien le retour des troupes syriennes au sud Liban.

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