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12.11.2006

Anniversaire(s)

Je suis un peu en retard, mais il y a 3 jours, nous 'fêtions' l'anniversaire des attentats à Amman. 3 grands hotels touchés et quelques 50 personnes tuées.

La Jordanie s'est toujours vantée de ses services de renseignements, les moukhabarat, qui promettaient de rendre le pays intouchable au milieu de cet ilot de conflits qu'est le Moyen Orient. Et pourtant, le pays a bel et bien été touché, comme pour faire un pied de nez à George Bush. Après un moment d'effroi, les populations se sont vite rangées derrière le Roi et un peu plus détachées de ce Moyen Orient pour condamner ces actes terroristes.

L'anniversaire est un peu morbide mais des jolis décorations ont été installées sur les grandes avenues, spécialement sur la branche rapide passant devant l'hotel Radisson SAS. Des petits encarts luminaires rouge et vert ont été fixés au milieu de la voie, dessinant la Jordanie et reproduisant le fameux anthème 'Nous sommes tous la Joranie" et le grand drapeau jordanien couvrant la moitié de la facade de l'hotel de tête en pied a été à nouveau déroulé.

Un autre anniversaire était fêté hier (dites donc c'est la période!), c'était la mort d'Arafat. Ou du moins la date choisie pour annoncer la mort d'Arafat, qui nous le savons tous, était en fait mort depuis plus d'une semaine, mais un délai à l'annoncement était imépratif afin que l'entourage puisse prendre quelques précieuses dispositions avant.

Et une façon de procéder similaire m'a choquée en finissant le livre de Sediqa Massoud, qui raconte qu'elle n'a été prévenue que quelques jours plus tard de la mort de son mari! Sa propre famille, très proche du commandant Massoud, lui fait croire qu'il a été grievement blessé suite à l'attaque des deux journalistes mais qu'il a été emmené au Tadjikistan pour se faire soigner par des médecins français. Ainsi, les jours passent et elle espère recevoir des nouvelles du rétablissement de son mari jusqu'au jour ou n'en pouvant plus, elle ordonne d'être emmenée au chevet de son mari, pour enfin le découvrir raide. Son propre mari!

Et c'est là où j'aimerais vous faire partager un passage du livre  racontant son enterrement:

"Il aurait du être transporté à la maison, mais des milliers et des milliers d'hommes l'attendaient, et il aurait été impossible de les en séparer. Ils se frappaient le visage, se jettaient à terre et hurlaient dans un desespoir indescriptible. C'est là que j'ai réalisé à quel point Massoud ne m'appartenait pas. Qu'il n'était pas seulement mon mari et le père de mes enfants, mais l'homme de tout un peuple et de toute une nation."      

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