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29.11.2006

Attentat et voiture

Comme tous les matins, ce matin mon premier geste est de contacter mon assistant Hayder à Bagdad. Prendre les dernières nouvelles (la journée commence tot pour eux et il y a une heure de décalage avec la Jordanie, beaucoup de choses sont donc déjà mises en route pour la journée), la température ... Bonjour Hayder, comment vas tu aujourd'hui?

Je viens tout juste d'échapper miraculeusement à un attentat.

Comme tous les matins, Hayder se rend au travail en transports en commun. Par transport en commun, il faut entendre: une voiture servant de taxi collectif ramassant des gens sur son pasage qui vont plus ou moins dans la même direction.

Et soudain, booooooom.

Une bombe explose à moins de 5 mètres au passage de la voiture. Les vitres explosent, il se trouve au milieu de la fumée mais miraculeusement tout le monde est encore là dans la voiture.

Les passagers ne perdent pas le Nord et demandent au chauffeur de quitter les lieux sans attendre une minute. Sauvage, mais les risques qu'une 2eme bombe explose, que des tirs de mortiers tombent dans le même endroit est grand. Instinct naturel, il faut sauver sa peau.

Hayder arrive donc au bureau, couvert de poussière et de débris de verre. Il n'a rien, même pas une égratinure. Qu'à celà ne tienne, ce n'est pas un attentat qui va l'empêcher de continuer à vivre!

Il me raconte que depuis ce matin il passe de phases d'euphorie à des phases de dépression. Choc post-traumatique.

J'essaie vainement de le convaincre qu'il n'a pas besoin de travailler aujourd'hui et qu'il devrait plutôt se reposer mais les Irakiens sont têtus et surtout ils refusent de se laisser abattre.

Ca me fait penser à l'attitude qu'on aurait en France pour une personne ayant été melée à un attentat: arrêt maladie de longue durée, suivi psychologique pendant un certain temps... Quel est l'état des personnes ayant vécu les attentats de 95 dans le RER? Sont elles remises totalement? Font elles ecore systématiquement des cauchemars revivant la scène? J'imagine des personnes étant en état de depréssion longue durée...

Les irakiens se battent et survivent car ils n'ont pas d'autre choix.

 

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28.11.2006

Sur la route de la guerre civile

Suite aux évênements de la semaine dernière (attentats sur le plus gros marché de Bagdad faisant 202 morts), la guerre civile montre le bout de son nez.

Un couvre feu de 3 jours imposé par le gouvernment a instauré une atmosphère anxieuse et tendue sur Bagdad. Chacun est sur ses gardes, sachant que les autres sont sans doute en train de se préparer à quelque chose d'énorme.

Les rumeurs fusent: les milices ont haussé leur niveau d'alerte, le couvre feu va être re-instauré, des milices se préparent dans la banlieue de Bagdad, des liens proches entre gouvernment irakien et iranien sont scellés. Une certaine attente est imposée à la population pour voir ce que les evênements vont donner dans les 4 prochains jours.

Même si le couvre feu est levé à Bagdad, les rues restent calmes dans certains quartiers où les habitants n'osent pas sortir de chez eux. Dans d'autres, l'agitation est au maximum près des agences de transports où des familles organisent leur départ précipité de la capitale. La encore, des rumeurs courent sur de possiblques attaques de ces agences.

Pour ajouter au tout, 5 kurdes ont été trouvés décapités hier dans les rues de Bagdad alors que jusqu'ici ils étaient laissés plutôt à l'écart des violences. Une nouvelle escalade dans le conflit.

Mes amis et collègues irakiens sont sans distinction affectés par le conflict:

Aree, après avoir trouvé une voisine assassinée dans la rue et après la chute d'un mortier à 30 mètres de sa maison, a enfin décidé sa famille à quitter Bagdad. Il a loué une maison dans une ville du Nord de l'Irak et ne sait pas comment faire sortir sa famille de Bagdad dans cette atmosphère.

Noor a passé le weekend enfermé chez lui à regarder les mortiers tomber dans sa rue. Rien n'est tombé sur sa maison, mais les vitres ont toutes volé et sa mère a été légèrement blessée par des éclats. Son quartier est mort, pas de passants, pas de voitures, il est donc hors de question qu'il sorte de chez lui jusqu'à nouvel ordre et commence à s'ennuyer ferme!

Hayder avait lui prévu l'escalade de la violence et a déja déménagé de sa maison pour s'installer dans un quartier plus calme mais qui commence à l'être de moins en moins. Il étudie le plan B et le plan C, de s'installer en province ou d 'obtenir un visa pour l'étranger.

Bagdad consitute le brasier du conflict, c'est en effet la seule zone d'Irak où les populations sont encore mélangées. Dans les autres districts, les populations se sont successivement séparées entre sunnites d'un coté et chiites de l'autre. Les plans d'urgence concernant Bagdad se mettent en place: Sachant que Bagdad risque bientot de ne plus être accessible, les plateformes d'aide humanitaire déménagent hors du champ de bataille pour s'installer dans le Nord et dans le Sud.

Les médias américains ont lancé l'appel: le mot guerre civile est officiellement utilisé depuis hier. Les troupes chinoises vont être diminuées de moitié d'ici la fin de l'année. Quel gachis.

15:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

22.11.2006

Blog culinaire

Je pourrais presque changer le but de ce blog et en faire le recueil des petits plats de Abu Mohamed.

Voila donc ce soir, le 2ème plat préparé mar mon ange de gardien. Il est venu me voir cet après-midi en me disant, je vais te préparer des macaronis, tu seras là un peu plus tard ce soir? et le piment? tu aimes ou il n'en faut pas trop?

Rendez vous est pris pour le plat de pâtes.

En attendant, j'ai oublié de mentionner que j'ai dûement retourné l'échange de cuisine. J'avais préparé (avec de l'aide) un bon plat de riz byriani (riz aux épices avec des champignons, des petits pois et vermicelles) accompagné de poulet. (Malheureusement, j'ai oublié de le prendre en photo). J'espère que vous êtes épatés par mon talent de la cuisine locale, c'est normal, j'ai eu quelques leçons, que je tâche de ne pas bien retenir, afin d'être sure que les hommes continuent d'entrer en cuisine.

Est donc arrivé en temps et en heure le plat de pâtes prédit: des coquillettes à la sauce tomate au piment avec un petit plat de viande de boeuf cuisinée en sauce tomate au piment et oignons.

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que vais je bien pouvoir lui retourner? un plat typiquement français? Je suis ouverte aux suggestions!  

19:04 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

21.11.2006

ONGs américaines

J'ai rencontré l'autre soir 2 personnes travaillant pour une ONG américaine. De bout en bout, je suis épatée par la réunion. Nous travaillons dans le même pays, nous travaillons dans le même domaine qui n'est pas si répandu que ca (la résolution de conflits) et cette ONG semble tout à fait à l'Ouest. Elle ne connait pas les ONGs locales travaillant dans ce domaine, n'est pas au courant des principales initiatives qui ont cours dans ce domaine. A croire qu'ils vivent sur la lune!

Et c'est en fait peut être bien le cas. Il faut savoir que les ONGs américaines en Irak sont assez marginalisées. En effet, le plus souvent elles sont largement financées directement ou indirectement par le gouvernment américain, faisant partie des forces de la coalition. Et à partir de là, il est donc impossible pour une organisation non gouvernmentale neutre d'envisager de travailler en collaboration avec des organismes liés aux forces occupantes.

Moyennant quoi, le contact est faible entre ces deux mondes, les ONGs américaines et les autres. Je trouve personnellement que la position des ONGs américaines ressemble assez à la position de la politique étrangère américaine... Ils conduisent leurs propres programmes, sans réellement savoir ce que les autres font ou ne font pas, ce manque de coopération ne peut qu'entrainer des lacunes dans les programes.

Je suis aussi épatée de voir que cette ONG américaine n'est jamais sortie d'Irak depuis 2003. Les expatriés ont bien été évacués de Bagdad mais ils sont toujours basés à l'interieur de l'Irak, à Erbil, au Kurdistan. Ils possèdent même une base à Kirkouk, dans le Nord de l'Irak!  (hors du Kurdistan pour l'instant). Ils font des trajets réguliers sur cette base qui semble calme car située dans un quartier kurde de la ville.

La vie à Erbil est parait il aussi calme, même si ils vivent dans un compound avec d'autres ONGs, ils sont libres de se promener dans les rues de la ville, d'aller au restaurant, bien que tout de même accompagnés par des gardes du corps habillés en civil.

On me presse toujours de me rendre au Kurdistan, peut être l'année prochaine! 

16:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

19.11.2006

Irakiens de Jordanie

Cette semaine, j'ai sorti un peu la tête du bocal pour voir ce qu'il se passe un peu autour de moi. Visites de bailleurs, visites de collègues, visites d'autres ONGs... et voila le résultat: tout le monde semble avoir pour stratégie d'initier des programes pour les Irakiens réfugiés en Jordanie.

Certes, il y a plus de 500.000 réfugiés aujourd'hui enregistrés par le UNHCR et vivant tous à Amman, ceci sans compter les non enregistrés. Ils ne sont pas installés de façon légale (pas de permis de résidence), n'ont pas le droit de travailler et affrontent d'autres problèmes comme l'accès à l'éducation, aux soins médicaux, etc.

Moyen en quoi, chaque ONG pense sérieusement à effectuer des recherches, des études sur le niveau de vie des réfugiés irakiens et chacun a sa propre idée de comment leur venir en aide, les bailleurs semblent interessés par les idées qui fusent.

Et les Irakiens d'Irak? Les fonds pour des projets se fonds rares, les bailleurs sont frileux, les ONGs ferment leurs portes, mais l'état d'urgence est bel et bien là. Tout le monde semble se rabattre sur les espaces plus tranquilles. Pourtant, il y a toujours des personnes en Irak qui sont prêtes à affronter le danger coûte que coûte et à aller sur le terrain pour se battre, qui les soutient?  

17:18 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

16.11.2006

Un designer pas comme les autres

Ma journée du cours de la danse du ventre a été riche en évênements et informations.

Après le cours, je me suis socialisée avec mes co-agitatrices de hanches en allant boire un coup. 2 filles que je connais et 2 autres que je ne connais pas.

La première, une australienne, travaille pour l'ambassade de son pays au service des visas. Elle nous raconte évidemment les aventures des irakiens qui déposent leur dossier de demande d'asile. Elle explique de façon assez sincère que les applications venant des irakiens réfugiés en Syrie sont plus 'honnêtes' que celles des irakiens réfugiés en Jordanie. Alors que les irakiens de Syrie sont susceptibles d'être acceptés suite au meutre d'un proche, les irakiens de Jordanie semblent systématiquement présenter des dossiers montés de toutes pièces. On invente un fils mort, un frère tué pour espérer avec le papier menant au paradis.

La deuxième, une anglaise, reste très mystérieuse quand je lui demande ce qu'elle fait en Jordanie. Je travaille pour la Cour Royale. (oui oui il y a une reine et un roi en Jordanie, le Roi Abdallah et la belle reine Rania d'origine palestinienne). Et que fais tu exactement pour la Cour Royale? Un doigt sur la bouche, elle me fait signe que ses fonctions doivent rester secrètes. Ca y'est, je suis tombée sur une agent secrète qui travaille pour la coopération des services de renseignement! Très vite, elle m'indique que bien qu'elle ne puisse pas dire un mot sur son poste, sa voisine, une amie proche, se fera un plaisir de partage ce secret avec nous. Je m'en frotte les mains, la soirée va être palpitante.

Notre petite anglaise se trouve donc être.. couturière pour la Cour Royale. Tu réajustes les vêtements de sa Majesté? elle me fait signe que oui mais que non. Elle imite la forme d'une petite couronne sur sa tête. (Pas un mot ne sortira de sa bouche!) Il s'agit donc de la Reine!

A ce moment là, une autre voisine exulte: j'ai lu dans les médias italiens que la Reine a rempli une demande de divorce d'avec son mari! A en voir les yeux écarquillés de notre chère anglaise, elle n'est visiblement pas au courant de tout! 

09:30 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15.11.2006

Danse du ventre

A défaut de cours de salsa, j'ai penché pour la couleur locale: les cours de danse du ventre!

Invitée par une amie, je me rends à ce cours qui semble être bien investi par les internationaux. En effet, j'y retrouve toute la population femme UN... qu'à celà ne tienne, c'est aussi bon pour les relations.

Devant les immenses glaces, chacune s'équipe du châle à grelots autour des anches. La musique est lancée et la prof entame les mouvements. Ronds de hanches, ronds de pieds, tout le monde s'agite. La prof décompose les mouvements lentement avant d'accélérer le rythme et de nous faire faire des petites chorégraphies. Et on ne s'en rend pas compte, mais tout ca est bon pour les muscles des jambes et du ventre! On a bien rigolé.

La prof me demande si c'est la première fois que je prends des cours et me lance des encouragements. Il faut dire que je ne suis pas totalement novice, j'ai eu de l'entrainement avec mes amies irakiennes, dont le passe temps favori est d'organiser des petites soirées danse chez elle!

Les soirées sont simples: on met les hommes dehors, on invite quelques amies, chacune apporte boisson ou plat, et une fois que tout le monde est là, le son de la télévision est augmenté et les chaînes musicales sont visitées les unes après les autres. Bon moment garanti!

08:21 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

13.11.2006

Abu Mohamed

Abu Mohamed est mon gardien. Il vit dans un tout petit appartement au sous sol de l'immeuble et c'est l'homme à tout faire. Il passe sa journée dehors, il nettoie, il répare, il gère les problèmes, il commande le diesel, il règle les factures, on peut tout lui demander, Abu Mohamed est prêt à tout faire.

Pour l'appeler, c'est simple. Il suffit d'ouvrir la porte de l'escalier et de crier bien fort: Abu Mohamed! Abu Mohamed! Et il apparait illico presto. Sachant que je vis seule, Abu Mohamed est d'autant plus aux petits soins pour moi. Il lave ma terrasse, il met de l'eau dans mes plantes, il m'apporte mes factures et n'ose jamais réclamer son salaire. L'autre jour, il est passé pour fixer un cable, il me fournit marteau et perceuse pour arranger mon appartement, et me demande sans arrêt si tout va bien.

Aujourd'hui, j'ai découvert une nouvelle vertu de Abu Mohamed. Il est cuisinier. Il s'est présenté à ma porte avec une petite assiette d'aubergines et de piments verts grillés à l'ail. Avec un grand sourire, il m'a dit c'est moi qui l'ai cuisiné! Je l'ai remercié chaudement. Evidemment, il va falloir que je lui apporte bien vite une part d'un met que j'aurais préparé. Et ceci pourrait avoir son avantage. J'y pensais, si on commence à se retourner les faveurs, on pourrait presque en arriver à un arrangement silencieux: un jour c'est lui qui cuisine, et le lendemain ca serait mon tour!!

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23:36 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

12.11.2006

Anniversaire(s)

Je suis un peu en retard, mais il y a 3 jours, nous 'fêtions' l'anniversaire des attentats à Amman. 3 grands hotels touchés et quelques 50 personnes tuées.

La Jordanie s'est toujours vantée de ses services de renseignements, les moukhabarat, qui promettaient de rendre le pays intouchable au milieu de cet ilot de conflits qu'est le Moyen Orient. Et pourtant, le pays a bel et bien été touché, comme pour faire un pied de nez à George Bush. Après un moment d'effroi, les populations se sont vite rangées derrière le Roi et un peu plus détachées de ce Moyen Orient pour condamner ces actes terroristes.

L'anniversaire est un peu morbide mais des jolis décorations ont été installées sur les grandes avenues, spécialement sur la branche rapide passant devant l'hotel Radisson SAS. Des petits encarts luminaires rouge et vert ont été fixés au milieu de la voie, dessinant la Jordanie et reproduisant le fameux anthème 'Nous sommes tous la Joranie" et le grand drapeau jordanien couvrant la moitié de la facade de l'hotel de tête en pied a été à nouveau déroulé.

Un autre anniversaire était fêté hier (dites donc c'est la période!), c'était la mort d'Arafat. Ou du moins la date choisie pour annoncer la mort d'Arafat, qui nous le savons tous, était en fait mort depuis plus d'une semaine, mais un délai à l'annoncement était imépratif afin que l'entourage puisse prendre quelques précieuses dispositions avant.

Et une façon de procéder similaire m'a choquée en finissant le livre de Sediqa Massoud, qui raconte qu'elle n'a été prévenue que quelques jours plus tard de la mort de son mari! Sa propre famille, très proche du commandant Massoud, lui fait croire qu'il a été grievement blessé suite à l'attaque des deux journalistes mais qu'il a été emmené au Tadjikistan pour se faire soigner par des médecins français. Ainsi, les jours passent et elle espère recevoir des nouvelles du rétablissement de son mari jusqu'au jour ou n'en pouvant plus, elle ordonne d'être emmenée au chevet de son mari, pour enfin le découvrir raide. Son propre mari!

Et c'est là où j'aimerais vous faire partager un passage du livre  racontant son enterrement:

"Il aurait du être transporté à la maison, mais des milliers et des milliers d'hommes l'attendaient, et il aurait été impossible de les en séparer. Ils se frappaient le visage, se jettaient à terre et hurlaient dans un desespoir indescriptible. C'est là que j'ai réalisé à quel point Massoud ne m'appartenait pas. Qu'il n'était pas seulement mon mari et le père de mes enfants, mais l'homme de tout un peuple et de toute une nation."      

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10.11.2006

Pour un livre

Je suis actuellement entrain de lire une biographie écrite par Sediqa Massoud, la femme de Massoud, qui dévoile  des parts d'intimité de sa vie partagée avec l'un des plus grands combattants d'Afghanistan de ce siècle.

Nous y suivons l'enfance de Sadiqa, ryhtmée par les bombardements russes, et son adolescence en tant que femme mariée à l'homme du moment, à travers les guerres civiles et les invasions talibanes. Elle y présente un Massoud attachant et romantique, qui sait garder quelques moments de sa vie épique pour être aux côtés de sa famille, même des les moments les plus risqués de l'histoire de l'Afghanistan.

On y découvre surtout la vie de campagne en Afghanistan sous les invasions et attaques succéssives des régimes communistes russes et extrémistes talibans. On y partage les peurs et les angoisses liées à l'état de guerre permanent du pays.

On y réalise enfin que beaucoup de populations, que ce soit en Afghanistan, en Irak, en Palestine, au Liban, en Tchétchénie, au Soudan et j'en passe (je ne vais pas faire la liste des pays en guerre ou sous attaque) vivent avec cette peur au ventre, jour et nuit, à ne pas savoir de quoi la prochaine minute sera faite, ne pas savoir si l'on reviendra vivant après avoir passé la porte de la maison.

Pour l'amour de Massoud, on espere que l'Afghanistan connaitra la paix pour laquelle ce grand homme a donné sa vie.

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09.11.2006

Séquences de vie

Voici les dernières ruses pour survivre à Bagdad:

Les médecins se mettent dans le bras le système de perfusion pendant leurs heures de travail afin de pouvoir se précipiter sur un lit et se faire prenre pour un patient en cas d'attaque de l'hopital

Des familles à Bagdad ont décidé de se séparer entres différentes maisons de la famille élargie, afin que si une des maisons est attaquée, l'autre moitié de la famille sera elle au moins saine et sauve. 

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08.11.2006

La sentence de Saddam

Calme relatif à Bagdad après l'annonce de la condamnation à mort de Saddam. Le couvre feu imposé durant 2 jours en a certainement été pour quelque chose mais même hier, aucune opération majeure n'est venue confirmer que la fracture séparant le peuple irakien s'est ouverte encore plus. Les Bagdadis se barricadent chez eux, en attendant peut être l'arrivée de massives représailles de la part des supporters de Saddam. Tout le monde s'accorde à dire que ce calme relatif est suspect.

Les voix internationales dissidentes tardes à se faire entendre: il y a bien eu une annonce de l'attaché aux droits de l'homme e l'ONU qui a fait une déclaration contre le passage à l'acte de cette décision mais les autres ne semblent pas se presser au portillon. Reste à observer l'attitude es Etats Unis. Bush qui a perdu ses éléctions de mi-mandat, va t-il pousser jusqu'au bout pour l'élimination du dictateur afin d'essayer de redorer son blazon? Ou va t-il peser pour une fois les dangers de la mise à mort de Saddam et enfin s'appliquer à venir en aide aux efforts de reconciliation nationale irakiens?

La reconciliation semble pourtant bien lointaine alors que les Sunnites menacent de quitter le gouvernment d'union nationale si lies milices extremistes chiites ne sont pas démantelées.

Les Etats Unis referaient ils pour la énième fois la même erreur de supporter des partis qu'ils voudront mettre dehors un peu plus tard? (Saddam dans les années 80, les talibans en Afghanistan et le gouvernment purement chiite en Irak)  

En attendant, on m'a conseillé de bien m'enfermer à clef chez moi le soir... sans parler des derniers évênements entre israéliens et palestinians... le moyen orient, un cycle infernal!

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06.11.2006

Conférencière d'un jour

Alors que des cousins sont en voyage autour de l'Egypte et la Jordanie avec un groupe d'amis, je les ai rencontrés à Amman hier afin d'expliquer ce que je fais ici et en Irak. Petite conférence d'un soir sur les problèmes en Irak, les types d'assistance que j'apporte et les visions d'avenir de la région. Occasion excitante pour moi de faire partager les joies (et les peines) de mon travail et de mon séjour ici. C'est d'autant plus motivant que mon auditoire semble très interessé par ces sujets et lancent questions après questions. Des questions un peu difficiles à aborder (le conflit en Irak se limite til à la séparation chiite sunnite?) ou trop large à exposer (la situation des femmes en Jordanie) tandis que d'autres commentaires me montrent encore une fois la désinformation sur la région et ses rites qui sévit en Occident.

Alors que j'explique que certains de mes programmes ont pour but de promouvoir le droit de la femme et à éduquer les femmes sur leur role essentiel à tenir dans la société, un commentaire cinglant se fait entendre: mais comment éduquez vous les population sur le thème du droit des femmes, cela n'est il donc pas incompatible avec la pratique de l'Islam? Et non... même si on veut nous assurer en France que le port du voile est synonyme de soumission de la femme, il faut savoir que beaucoup de femmes choisissent elles mêmes de couvrir leurs cheveux. Même si le partage des tâches est encore rigoureusement appliqué, cela ne signifie pas que la femme n'a pas le droit d'être éduquée, de travailler, de sortir, de vivre... bref, le droit de la femme existe bel et bien et il est nécessaire, certes, de le promouvoir auprès des femmes elles mêmes et des extémistes.

Ceci dit, une journée à Jerash en compagnie du groupe était fort sympathique et m'a permis d'échanger un peu plus nos expériences.

  

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05.11.2006

Fuite de Bagdad

Hassan est un de mes jeunes collègues. Il habite dans un quartier assez chaud de la capitale irakienne, Al Mansour, qui fait parti du centre ville animé et dans lequel il y a beaucoup d'actions, jour et nuit.

Régulièrement, Hassan déménage de son quartier lorsque la situation chauffe et s'installe pour quelques jours chez des oncles ou cousins qui habitent dans d'autres quartiers de Bagdad. Pas simple lorsqu'il s'agit de déménager sa femme enceinte de 7 mois.

La tendance du moment est au ciblage des sunnites dans Bagdad: les milices extremistes chiites effectuent des descentes et abattent les sunnites rencontrés sur leur chemin. Ainsi, durant ces deux derniers jours, 2 amis voisins de Hassan ont été abattus dans la rue. Evidemment, Hassan a pris peur et a encore déménagé chez son oncle. Il pense sérieusement à se retraiter pour quelques jours sur Amman. Mais celà est encore un choix critique: comment payer le billet d'avion? comment obtenir une semaine de congés? comment vivre sans salaire pour le mois?

En attendant, la sentence de Saddam vient de tomber. Pas de scènes abominables comme on aurait pu imaginer, ils attendent peut etre que le couvre feu imposé pour la journée soit levé sur Bagdad. Des scènes de lièsse et des scènes de colères sont observées dans les rues, le balles de fusils sont tirées en l'air et non dans la foule, ce qui est moindre mal. 

15:04 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note