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04.04.2007
En attendant la chute de Bagdad
J'ai déjeuné aujourd'hui avec Hassan qui passe quelques jours à Amman pour une réunion familiale puisque sa famille est désormais éparpillée en 4 endroits de la planète. Déjeuner d'affaires pour effectuer un bilan des programmes en route et des opportunités ainsi que déjeuner de plaisance pour se raconter nos désirs d'avenir, nos tourmentes du moment ou du passé.
Nous en venons à se raconter à chaque où l'on se trouve à la veille des deux guerres du golfe. En 1991, Hassan est encore jeune. Il se souvient d'ouvrir la télé et de recevoir la bonne nouvelle du matin: aujourd'hui, l'Irak a 18 principautés + 1: le Koweït!
2003 est une étape beaucoup plus mouvementée. A la veille de l'ultimatum lancé par papa Bush, Hassan a mis sa famille à l'abri dans la principauté d’Anbar à l’Ouest de Bagdad. Il reste à Bagdad avec son père et continue à se rendre à la clinique où il travaille de façon journalière. Le soir, il participe à des rotations dans une école primaire voisine, où les jeunes irakiens sont engagés pour être boucliers humains, sous les ordres du gouvernement. Hassan a croisé d’autres boucliers humains sans le savoir : il se souvient avoir vu quatre jeunes américains venant de l’Arizona marchant tranquillement dans une rue de la capitale, il s’est alors arrêté pour leur parler et prendre une photo avec eux.
Il garde un souvenir ému des premiers bombardements sur Bagdad. De jour, de service dans la clinique, il est assis sur une chaise avec son meilleur ami et se tiennent fort les bras pour se donner du courage alors que les bombes tombent autour d’eux. Les combats soulèvent le sable et la poussière, l’atmosphère est orange et irrespirable, comme lors des tempêtes de sable. Les chaises sur lesquelles les deux compères sont assis se déplacent malgré eux à cause des explosions. Cet ami là a depuis été tué par un groupe armé dans Bagdad.
Alors que les Américains sont aux portes de Bagdad, il décide de rejoindre sa famille hors de Bagdad. Il a rendez vous l’après midi même avec son père dans la maison familiale afin de quitter Bagdad. Mais Hassan attend sa tante qui travaille dans le même hôpital que lui et tous les deux arrivent en retard au rendez vous fixé. Le père est déjà parti, il était trop tard. L’oncle, la tante et Hassan prennent donc la voiture pour se mettre en route de leur côté. Mais peine perdue, la route est bloquée par les tanks américains. Les chemins de détours ne sont déjà plus accessibles car les américains sont entrain d’encercler la ville. Retour à la case départ bien difficile, chaque croisement de rues a été bombardé avec des bombes à fragmentations, rendant la circulation extrêmement dangereuse. La nuit est difficile. Les bombardements n’offrent aucun répit.
Ce que Hassan ne sait pas, c’est que sa famille entière va croire durant les 2 prochains jours que lui, son oncle et sa tante sont sûrement décédés sur la route en essayant de fuir Bagdad. En effet, depuis le début de la guerre, toutes les communications ont été coupées puisque les antennes et autres centres ont été bombardés par les américains.
Après une nuit cauchemardesque, notre petit groupe décide de ne pas passer une seconde nuit similaire. Au péril de leur vie, ils décident de rejoindre le reste de la famille hors de Bagdad. Hassan ayant déjeuné avec moi aujourd’hui, vous devinez le reste de l’histoire.
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Commentaires
et ça continue ! bon courage
Ecrit par : josiane | 05.04.2007









