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09.05.2007
Le film irakien
Aree passe ainsi quelques jours en Syrie, à contre coeur. Il s'agit de calmer les esprits de tout le monde avant de faire une nouvelle tentative d'entrée en Jordanie.
Les premiers jours semblent durs, l'humiliation subie le terrasse, il n'a pas coeur de vraiment apprécier la ville. Heureusement, pour surmonter ce moment difficile, il n'est pas seul, il a ses copains de galère.
Après avoir passés quelques 18h ensemble à l'aéroport d'Amman avant de rejoindre la Syrie, Aree a pu faire connaissance avec d'autres irakiens rejetés de la même façon. Les profils, les âges sont divers, mais une chose commune les rassemble, le sentiment de frustration qui les habite. Les irakiens en général étaient plutôt familiers et liant connaissance facilement, il en donc naturel pour eux de rester proches en allant en Syrie. Ils s'installent tous dans le même hôtel et partagent les quelques jours suivants.
Aree a construit des affinités particulières avec deux d'entre eux:
Ahmed, irakien d'origine sunnite, est venu directement du Nigeria où il a travaillé pendant les 10 dernières années. Sa famille est installée à Amman et il a décidé de leur rendre visite. Les autorités jordaniennes l'ont bouclé 2 nuits à l'aéroport dans une cellule sans raison apparente, avant de lui laisser libre choix d'être déporté dans un autre pays.
Ali, irakien d'origine chiite, est en provenance express de Bagdad. Ali est un acteur irakien assez connu un peu âgé. Je ne connais pas les circonstances exactes de sa venue à Amman, toujours est il qu'il a été refusé et a demandé à aller en Syrie.
Aree, vous le connaissez, d'origine kurde, travailleur humanitaire, a été rejeté alors qu'il venait travailler avec une grande organisation internationale médicale.
Les trois compères, chacun représentant une communauté irakienne, après avoir passé 4 nuits dans un hôtel minable de Damas, ont finalement accepté l'une des multiples propositions des chauffeurs de taxi locaux, et ont loué un appartement ensemble. Ils semblent ainsi nager dans le bonheur le plus complet. Balade dans Damas la journée et rencontres avec d'autres amis irakiens, soirées tardives passées dans les nombreux et sympathiques cafés syriens, et nuit dans leur nouvel appartement qui leur apporte un semblant de confort et d'intimité. Un moment inespéré de détente et de joie entre irakiens de différentes communautés qui montre que, hors du pays, les clivages que certains éléments essaient de construire n'existent pas.
Un bel exemple de fraternité et d'amitié alors que l'Irak est à feu et à sang, que nous aimerions montrer dans un film ou un documentaire.
Maintenant, comment on fait?
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