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31.05.2007

Le Serpent

L'été en Irak est plutôt chaud. Il faut compter plus de 40 degrés en moyenne à Bagdad, le Nord est quelque plus frais grâce aux montagnes et à la verdure. La climatisation est donc un must, et imaginez ce que la vie peut donner lorsque vous avez en moyenne 3 heures d'éléctricité par jour.

La chaleur a aussi d'autres inconvénients, comme par exemple la venue et la prolifération de bestioles de toutes sortes. Et les serpents en font partie.

Un de mes collègues avec qui je travaille sur le chat me demande une pause: "Peux tu m'attendre deux minutes? mon frêre m'appelle, il y a un serpent dans le jardin".

Il revient quelques minutes plus tard en me disant qu'il l'a tué. Comment s'y est t-il donc pris: "I shot it!". Ce qui veut donc dire, je l'ai tué par un coup de feu.

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Normal, toutes les maisons sont équippées de quelques armes à feu, kalachnikovs ou autres, pour la sécurité personnelle, au cas où une personne mal intentionnée essaierait de s'introduire dans la maison. Le serpent y passe donc aussi.

A ma surprise, il me semble que les Américains ont déjà effectué des fouilles plusieurs fois quartiers par quartiers dans Bagdad afin de récolter les armes à feu possédées par la population... il semble en fait que lors de ces fouilles, les soldats et la police ferment les yeux, et laissent les armes là où elles sont. Ils doivent bien comprendre que évidemment, si les familles ne sont pas capables de se défendre elles même, il n'y a personne d'autre qui s'en chargera pour elles.  

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30.05.2007

Le tashrib irakien

Il ne se passe pas grand chose en ce moment alors une recette de cuisine, puisque je suis devenue un fin gourmet des plats locaux. Aujourd'hui, c'est un plat irakien: le tashrib, une sorte de soupe de viande accompagnée (éternellement) de riz.

- 4 gros oignons

- un poivron vert

- du piment

- de la viande de mouton ou boeuf pour 4 personnes

- 2 grosses tomates

- du concentré de tomates

- du riz

- du citron séché (lemon basrah), mais ce n'est pas indispensable car de toute façon vous ne trouverez pas ca en France (sauf les personnes qui en ont acheté en Syrie!)

Faites revenir les oignons, le piment et le poivron vert dans la casserole, puis faites dorer un peu la viande avec. Mettez 2 grosses cuilleres de concentré de tomates à faire revenir un peu. Ajouter les tomates coupées en petits dés. Si vous avez les petits citrons séchés, 2 citrons grossierement écrasés (en y enlevant les pépins qui sont amers) et ajouter de l'eau afin de recouvrir le tout. Laisser mijoter pendant 45 minutes. Pendant ce temps faites cuire le riz (qui est meilleur si vous y ajoutez quelques vermicelles). Et le tout est pret.

Vous obtenez une soupe rouge avec des morceaux de viande à déguster avec le riz. Un vrai plaisir pour un plat vite préparé! (J'ai pas de photos...)

 

 

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27.05.2007

La coiffeuse de Bagdad

Maureen était une coiffeuse à Bagdad. Comme beaucoup de coiffeurs ici, elle recevait clients à domicile et se rendait chez eux dans leur maison. Connue dans la communauté chrétienne de Bagdad, le nom de Maureen fait briller des étoiles dans les yeux des jeunes filles.

Comme beaucoup d'autres irakiens, en 2005, avec les troubles à Bagdad, elle a décidé de sortir du pays. Petit séjour en Jordanie avant de rejoindre les Etats Unis. où sa soeur est installée. Mais la vie à Chicago ne lui plait décidément pas. "Sans voiture, il est impossible d'aller nulle part. Et puis la vie sociale! Ca ne ressemble pas à ce qu'on connait chez nous et ca me manquait trop. Je me sentais vraiment seule".

Maureen a donc préferer rentrer chez elle. Au diable le confort des Etats Unis, Bagdad est sa maison et c'est la bas où elle se sent bien. Mais 2006 est décidément une mauvaise année à Bagdad. Les kidnappings et les meurtres dans la rue s'accroissent de façon fulgurante. Maureen essaie de décider ses parents à déménager aux Etats dorés. Ils possèdent une green card! Il ne s'agit donc que de prendre un avion et de fuir. Mais son père est incorrigible: "Je suis né dans cette ville et je mourrai dans cette ville". 

Bagdad, Bagdad. J'aimerais pouvoir élicuder lamagie de cette ville. Qu'est ce qui peut bien pousser des personnes à risquer leur vie chaque seconde plutôt que de préférer quitter la ville des lumières? Maureen s'exclame: "Ah Bagdad, si tu l'avais connue, une cité pleine de joie, pleine de mouvement, une cité fabuleuse et magique. Tout le monde dans les pays arabes rêvait d'habiter Bagdad. Aujourd'hui Bagdad n'est plus. Mais nous la reconstruirons."

Maureen a tout de même décidé de ne pas risquer sa vie. Elle est revenue en Jordanie, habitant seule dans un petit appartement de la capitale. Ses frères et soeurs sont dispersés en Europe et aux Etats Unis, elle n'a ici que quelques amis. Mais Maureen a sa célébrité. Il lui suffit de se promener dans quelques malls pour que des irakiennes la reconnaissent: "Maureen tu es ici! Il faut que tu viennes t'occuper de mes cheveux!".

Petit à petit, elle rassemble sa clientèle d'antan. Elle sruvit, dans l'attente de.... de quoi au juste? de pouvoir retourner en Irak? ou que son prince charmant l'emmene dans un autre paradis?

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26.05.2007

Le pays du Cèdre dans la tourmente

Je ne pensais pas que ca allait arriver aussi vite. Le camp Palestinien près duquel je me suis rendue à Tripoli tout feu tout flamme. Des explosions à Beyrouth dans le quartier où est situé l'hôtel dans lequel j'ai logé et près du grand centre commercial. Décidément, je suis allée voir le Liban au bon moment.

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L'histoire parait un peu compliquée, mais c'est normal, c'est le Liban. Le Fatah al Islam, visiblement monté de toutes pièces par une cellule du gouvernement, afin de contrer la popularité génante de Nasrallah et de son Hezbollah. Et oui, on en revient aux démélés sunnites-chiites. Mais chacun retourne sa veste. Le gouvernement tire dans le groupe qu'il a aidé à former, l'armée libanaise refuse de mettre les pieds dans ce bourbier et voila qu'aujourd'hui Nasrallah prend la défense du groupe sunnite!

Certains disent qu'il ne s'agit que de petits coups de théatre afin de détourner les yeux de la population de la scène politique, les élections approchant, un gouvernement pro-syrien pourrait être élu en toute tranquilité.

Période fragile et tendue qui pourrait voir le Liban sombrer dans la violence, les prochains jours nous le diront.

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12.05.2007

Une histoire de frontière numéro 2

Hier après midi, Aree a à nouveau fait la tentative de rentrer en Jordanie. Il a mis cette fois beaucoup de chances de son côté: il est en contact avec un homme des services secrets, nous avons faxé sa lettre d'invation au bureau des services secrets à l'aéroport, et il est muni de sa copie de lettre d'invitation. De plus je l'attendrai à l'aéroport munie de l'original de la lettre et de mon passeport français.

Aree m'appelle une fois son entretien fini avec un officer des services secrets. "Il a été plutôt sympa, je lui ai tout expliqué, je lui ai donné la lettre, il a trouvé le fax envoyé la veille, je pense que ca va le faire".

Une demi-heure plus tard, la réponse tombe: "Aree, dans quel pays veux tu te rendres, tu n'es pas autorisé à entrer en Jordanie". Je crois bien que j'ai hurlé dans tout l'aéroport à mon téléphone: "Mais c'est un cauchemar, c'est quoi leur problème????".

je suis décidée à rencontrer face à face quelqu'un des services secrets, la haut, dans l'aéroport. Pendant les 4 heures suivantes, je vais courir, d'un hall à un autre, un terminal, à un autre, un bureau à un autre, racontant encore et encore ce que je veux obtenir. Les personnes se rejetent la balle et personne ne veut me laisser à l'intérieur, et les services secrets refusent de me parler ne serait-ce qu'au téléphone. De son côté, Aree fait appel au type qu'il connait, mais il a plutôt l'air de se terrer dans son trou, il a décidé de ne pas montrer son nez.

Désespérée,  je sors la carte de l'ambassade française. Après tout, je travaille pour une organization française qui ne peut pas faire son travail. Vendredi, jour de repos, un jeune homme me répond très cordialement: "Madame, l'ambassade est fermée aujourd'hui, il faut attendre dimanche". "Hein???? et il fait quoi jusquà dimanche?? il reste assis sur une chaise en fer en attendant que vous ouvriez????" "Madame, il fallait mieux prévoir votre voyage, prendre l'avion les jours d'ouverture de l'ambassade". HA HA HA, je noterai dans mon carnet: ne pas voyager les jours feriés.

Aree n'a plus qu'à rentrer chez lui, dans son pays. C'est vrai, les choses ont changé en Irak: avant, les Irakiens n'avaient pas le droit de voyager. Après l'arrivée des américains qui les ont liberés, ils ont droit de voyager mais ce sont les pays voisins qui ne les acceptent pas.

Vers minuit, Aree m'appelle: "Maintenant, je suis en prison." Dernière étape du cauchemar. Il s'est un peu énervé, disant que ca serait plus rapide de mettre une pancarte à l'aéroport: Les irakiens ne sont pas admis en Jordanie. Il a été emmené avec un groupe d'irakiens, hommes femmes et enfants et mis dans une sorte de cellule dans une pièce. Les hommes d'un côté, les femmes et les enfants de l'autre, chaque cellule est vérouillée à triple tour. Tout le monde restera la jusqu'à leur avion. L'ambiance dans la cellule est bon enfant. Les rejetés s'interpellent à coup de hé prisonnier et les blagues fusent sur les officiers et la Jordanie. Aree a perdu toute sa colère et il rit à en pleurer. Le stress et la colère qui se déchargent. Il s'agit tous de personnes qui possédaient des raisons valables, des invitations pour entrer en Jordanie, tous rejetés.

Un homme qui réside à Amman depuis 10 ans avec sa famille. Il possède une usine ici et une maison où il était installé avec sa famille. Il s'est rendu au Kurdistan pour acheter une nouvelle maison et il revenait à Amman pour tout vendre dans la semaine suivant et partir avec sa famille. Il est maintenant interdit de rentrer.

Des homme d'affaires kurdes qui venaient à Amman participer à une exposition et qui rentraient avec des milliers de dollars, rejetés.

Ue famille avec un bébé en stade sévere de désyhdratation. Les autorités refusent de l'emmener à l'hopital. Les services secrets ont été entendus dire: "Hors de question que nous laissions la famille rentrer pour ca, si le bébé meurt ici dans cet aéroport, ce n'est pas notre problème."

Aree avait dans sa poche son appareil photo. Il a pris des photos de la prison, il a pris des photos des hommes et des femmes allongés sur le sol de leur cellule, essyant de fermer l'oeil pendant quelques instants. Il est décidé à prendre contact avec les journaux, les chaînes de télévision afin de distribuer ce matériel.

Aree a juré que plus jamais, plus une seule fois dans sa vie, il n'essayera de mettre un pied en Jordanie. "Si tu veux me voir, il faudra que tu viennes au Kurdistan."

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11.05.2007

L'armée américaine entre nos pattes

Avec un espace humanitaire qui se réduit fortement étant donné le niveau d'insécurité en Irak, nous sommes les témoins d'une nouvelle forme d'action humanitaire: les projets menés directement par les membres des armées en place dans le pays. Ils en ont quand même du culot: mener une opération militaire dans un coin précis en maltraitant la population civile pendant quelques jours et puis avant de partir: au fait pour que vous nous pardonniez, voici 2/3 sacs de riz. Et hop, on oublie la mésaventure, désolé quand même si on a détruit un peu vos maisons.

Je travaille en ce moment dans un quartier situé près de la zone verte à Bagdad. Une petite communauté où les habitants du quartier essaient de cohabiter de façon pacifique avec des personnes déplacées qui sont venus squatter les bâtiments autour. Le but: établir un niveau d'entente cordial entre les communautés et créer des liens en fournissant l'opportunité de créer des micro-projets économiques afin de soulager légèrement le niveau très élevé de chômage. Ce n'est pas si simple que cela parait, il faut d'abord établir une communication effective entre les communautés ainsi que les autorités locales. Des tensions existent et nous essayons de faire de lamédiation pour que tout le monde s'entende bien.

Tout semblait plutot bien parti jusqu'à ce qu'on apprenne que les américains ont débarqué. Après une réunion organisée avec les autorités locales, ils apprenent qu'une ONG locale essaie de mettre en place des projets de génération de revenus. Ah ben c'est une bonne idée ca! Nous aussi on va vous aider! Mais comme nous on est des américains et qu'on a les moyens, on va vous donner 25.000$. Et puis si ca marche bien, on vous donnera 4 fois plus la prochaine fois!

En théorie, ca parait gentil de leur part. En pratique, c'est nul de promettre cet argent aux autorités locales qui sont en conflit aggravé avec la communauté des personnes déplacées. Une telle somme d'argent donnée qu'à un seul parti ne peut qu'aggraver la situation.

Et devinez qui va ramasser les pots cassés? Depuis 2003, c'est notre boulot, alors on commence à avoir l'habitude. Ils m'énervent!!!!!

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10.05.2007

Une journée à la frontière

Après avoir pris plusieurs renseignements, me voila tôt ce matin, sur la route de Damas. Même sans visa qui devrait en théorie être obtenu en France, équippée d'une lettre de mon organization, je devrais pouvoir recevoir un visa à la frontière. Je pars ainsi tenter ma chance, afin de rejoindre mon collègue et rattraper le retard de travail (bon et d'accord profiter un peu de Damas aussi.)

A 8h30, je me présente au guichet de la frontière syrienne et tend mon passeport à l'officier syrien. Je lui fourre dans la main ma lettre d'invitation. Maitre de mon inquiétude, je commence mon baratin: "Monsieur, je travaille pour une organization humanitaire et j'ai besoin de me rendre pour 4 jours à Damas".

Le cher monsieur n'écoute pas grand chose et scrute la trace d'auto-collant arraché sur le dos de mon passeport. "C'est un auto-collant d'Israël, vous êtes allée en Israël!" Zut, voila un problème dont je n'avais pas besoin. "Non monsieur, ce n'est pas un auto-collant d'Israël, il s'agit d'auto-collants de l'aéroport pour la sécurité, pour les bagages". 'Non non non il s'agit d'un auto-collant d'Israël".

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Je noie le poisson, prend mon air le plus vulnérable et lui explique ma situation: "Monsieur, je travaille pour l'Irak, mon collègue a été refoulé de la Jordanie, ce vilain pays, heureusement il a été accueuilli chaleureusement par la Syrie, et j'ai besoin de le rencontrer pour le travail, monsieur, nous distribuons de l'eau, de la nourriture en Irak, il est extrêmement important que je me rendre à Damas pour au moins 48heures".

"Bon, bon, écoutez, je vais envoyer un fax au Ministère de l'Interieur à Damas pour demander l'autorisation, ca peut prendre 1, 2heure voire 3 ou 4 heures, vous êtes prêtes à attendre?" EVidemment que pour passer quelques heures à Dama, je suis prête à rester assise ce temps la.

Les choses se compliquent lorsque je rencontre Salma: Irakienne, possédant un passeport américain, est arrivée à la frontière la veille à minuit. Bien que les autorités syriennes l'aient informé aux Etats Unis avant son voyage qu'elle serait autorisée à passer la frontière, le fax du Ministère de l'Intérieur ne semble pas arriver. Bah, me voila avec ma copine de galère, une belle caféteria climatisée est à notre disposition, nous discutons pendant les heures qui passent. C'est fou  ce qu'en une poignée d'heures on peut en apprendre d'une personne. Salma a 11 soeurs et 7 frères, plusieurs éparpillés entres les US, divers pays d'Europe, Jordanie, Syrie et Irak. Sa mère vit toujours à Bagdad et refuse de quitter sa maison malgré les diverses propositions. Elle m'invite chaleureusement à lui rendre visite dans le palace de sa soeur à Damas, une maison sur 5 étages avec cour intérieurs, loyer 400$ par mois! (C'est définitif, en Septembre je déménage à Damas) ainsi que dans sa maison à San Diego.

A 11h, Salma est appelée au guichet, voici la réponse positive arrivée du Ministère de l'Intérieur, elle plie donc bagages.

Ce n'est pas grave, une autre paire de galériens vient d'arriver: encore des irakiens exilés aux Etats Unis qui viennent en vacances en Syrie. Malheureusement, malgré 10 passés dans l'Ohio, l'anglais ne semble pas leur fort. La conversation reste stérile.

Alors que l'officier au guichet a fini son shift, et est remplacé par un nouveau, je vais à nouveau plaider mon cas: "Monsieur, alors quelles sont les nouvelles? Où est mon fax?". "Madame, sur votre passeport il y a un auto-collant israélien. Vous êtes allée en Israël." "Mais nooon, puisque je vous dis que nonnnn". Le petit malin a étudié mon passeport:"Madame, vous avez quelquechose d'écrit ici dans votre passeport à la main, il est marqué que vous être rentrée en Jordanie il y a deux ans par route mais aucun visa et aucun nom de frontière ne correspond à cette date. C'est parce que vous êtes arrivées tout droit de Jérusalem!". Monsieur, je vous dis que je ne suis jamais allée en Israël. Regardez, j'ai eu un visa syrien et je suis rentrée en Syrie il y a 6 mois, comment se fait ca alors? Mon visa vient de l'ambassade syrienne, à Paris, en France!" "Bon bon asseyez vous et attendez..."

Je commence à déprimer quand le couple américain obtient son visa 2h plus tard. Me voila seule, la limite de temps est largement dépassée, cela fait maintenant 6h que je poireaute et rien ne vient. Je décide de rendre visite au manager de la frontière. Et encore les questions: "Madame, Israël, Israël, Jérusalem, auto-collant, Israël". J'attends toujours le fax.

Un jeune couple d'américains passe: tous blonds, ils ont une petite fille toute blonde qui fait le plaisir des Syriens alors que sa mère lui apprend le nom du Monsieur qu'elle verra en photo à tous les coins de rue: "Comment s'appelle ce monsieur ma chérie?" Et la petite fille de s'exclamer en pointant le doigt vers l'énorme pancarte figurant le portrait du président: "Bashiiiir!"

Voila un peu plus d'animation lorsque 2 jeunes japonais arrivent sac au dos. Celui qui parle anglais fait un tour du monde depuis 1 an et demi et rentrera au Japon d'ici 6 mois. Il a remonté tranquillement la pointe de la péninsule orientale, Dubai, passant par le Yemen la Jordanie, Israël et maintenant la Syrie. Son copain a reçu une remarque de l'officier qu'il est passé en Israël, ah! En voila un qui va avoir les mêmes problèmes que moi! Je m'accroche. Même si ca fait bientot 10h que je suis la, je ne peux pas partir sans une réponse, je veux un oui, je veux un non, mais je ne peux pas repartir bredouille.

Ma rage éclate quand 3 heures plus tard, les japonais recoivent leur visa. Je comprend alors que je n'aurais jamais de réponse. Ca doit faire mauvais effet de refouler un ressortissant français. Mieux vaut le décourager à force de le faire attendre. Les officiers semblent soulagés lorsque je demande qu'ils me rendent mon passeport. Bon débarras. Je ne m'en vais pas toute fois sans leur faire entendre que c'est une honte qu'on ne laisse pas les gens faire leur travail humanitaire correctement et que je ne me priverai pas de contacter mon ambassade.

Ironie du sort, les officiers de la frontière jordanienne m'accueillent les bras ouverts à mon retour. "Alors qui sont les meilleurs? Qui traitent le mieux avec toi? Les syriens ou jordaniens? Tu n'as rien perdu, il n'y a de toute façon rien à voir en Syrie!". Alors que l'ambiance est à la rigolade, je leur expose mon cas: "voyez vous, mon collègue irakien est en Syrie parce qu'il a été rejeté de Jordanie. Maintenant je me rends la bas pour travailler avec lui et c'est moi qui suis rejetée de Syrie. Alors comment est on censé faire? On se rencontre à la frontière? On s'assied dans la cafétéria dans la zone neutre et on sort nos ordinateurs pour faire notre travail humanitaire? Bel exemple de la fraternité des pays arabes et musulmans!" Les officiers me confient "Tu sais, avec les Irakiens, c'est compliqué, toutes ces explosions la bas, on a peur qu'ils viennent organiser des explosions chez nous."

L'absurdité de la situation mise encore une fois sous le projecteur. Voila un autre épisode à ajouter à notre film.

Prochain rendez vous: Dubai! (Ca ne me dérangerait pas après tout, ca me permettrait de visiter le Moyen Orient!) 

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09.05.2007

Le film irakien

Aree passe ainsi quelques jours en Syrie, à contre coeur. Il s'agit de calmer les esprits de tout le monde avant de faire une nouvelle tentative d'entrée en Jordanie.

Les premiers jours semblent durs, l'humiliation subie le terrasse, il n'a pas coeur de vraiment apprécier la ville. Heureusement, pour surmonter ce moment difficile, il n'est pas seul, il a ses copains de galère.

Après avoir passés quelques 18h ensemble à l'aéroport d'Amman avant de rejoindre la Syrie, Aree a pu faire connaissance avec d'autres irakiens rejetés de la même façon. Les profils, les âges sont divers, mais une chose commune les rassemble, le sentiment de frustration qui les habite. Les irakiens en général étaient plutôt familiers et liant connaissance facilement, il en donc naturel pour eux de rester proches en allant en Syrie. Ils s'installent tous dans le même hôtel et partagent les quelques jours suivants.

Aree a construit des affinités particulières avec deux d'entre eux:

Ahmed, irakien d'origine sunnite, est venu directement du Nigeria où il a travaillé pendant les 10 dernières années. Sa famille est installée à Amman et il a décidé de leur rendre visite. Les autorités jordaniennes l'ont bouclé 2 nuits à l'aéroport dans une cellule sans raison apparente, avant de lui laisser libre choix d'être déporté dans un autre pays.

Ali, irakien d'origine chiite, est en provenance express de Bagdad. Ali est un acteur irakien assez connu un peu âgé. Je ne connais pas les circonstances exactes de sa venue à Amman, toujours est il qu'il a été refusé et a demandé à aller en Syrie.

Aree, vous le connaissez, d'origine kurde, travailleur humanitaire, a été rejeté alors qu'il venait travailler avec une grande organisation internationale médicale.

Les trois compères, chacun représentant une communauté irakienne, après avoir passé 4 nuits dans un hôtel minable de Damas, ont finalement accepté l'une des multiples propositions des chauffeurs de taxi locaux, et ont loué un appartement ensemble. Ils semblent ainsi nager dans le bonheur le plus complet. Balade dans Damas la journée et rencontres avec d'autres amis irakiens, soirées tardives passées dans les nombreux et sympathiques cafés syriens, et nuit dans leur nouvel appartement qui leur apporte un semblant de confort et d'intimité. Un moment inespéré de détente et de joie entre irakiens de différentes communautés qui montre que, hors du pays, les clivages que certains éléments essaient de construire n'existent pas.

Un bel exemple de fraternité et d'amitié alors que l'Irak est à feu et à sang, que nous aimerions montrer dans un film ou un documentaire.

Maintenant, comment on fait?

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07.05.2007

Un lion en cage

A minuit, Aree se présente au comptoir des passeports, à l'aéroport Queen Alia d'Amman, afin d'entrer en Jordanie. L'officier prend son passeport: "va t'asseoir la bas", dit-il, en désignant un group de chaises en fer situées sur le côté du hall. Les chaises sont déjà largement occupées par ce qui ressemble à d'autres irakiens qui attendent leur sort. Aree reste debout, en espérant qu'avec son nouveau passeport, il obtiendra un visa d'entrée rapidement.

Après quelques minutes, un officier l'appelle: "Aree!" et lui désigne la porte ouverte d'un bureau où l'attend un responsable des services secrets. Quinze minutes d'interrogatoire en règle: "Que viens tu faire ici? Quel est ton travail? Ou habitues tu? Ou étais tu? Que faisais tu? Retourne t'asseoir la bas!" Il retourne auprès des autres et garde sa station debout. C'est maintenant l'heure de la décision, pourvu qu'il prenne la bonne. Les minutes s'écoulent, d'autres avions arrivent, et quelques irakiens viennent s'ajouter au groupe, parqués sur le bas côté. Certains s'apprêtent à passer la nuit, ils ont déjà manifestement reçu une réponse négative. Un sac poubelle étendu dans un petit coin, la tête sur le sac à dos, quelques heures de repos avant de retourner vers leur point de départ.

Un à un, les irakiens sont appelés dans le petit bureau. Certains reviennent la tête basse, signe d'un rejet manifeste. Aree fume, Aree fait les cents pas, pourvu qu'ils prennent la bonne décision.

Ce sont trois heures plus tard que l'officier rend sa décision: "Aree!" Il se place devant lui en lui barrant le chemin. "Je suis désolé, tu ne peux pas rentrer en Jordanie. Ou veux tu te rendre?" Aucune chance de plaider son cas. Tout se passe très vite, il est accompagné pour acheter un nouveau billet d'avion, afin de se rendre en Syrie. C'est toujours mieux que d'être renvoyé d'ici quelques heures en direction de l'Irak. Seul hic, l'avion est le lendemain à 9h du soir. 18h devront s'écouler afin d'espérer approcher un nouvel horizon.

Toujours parqué au même endroit, Aree continue à faire les cents pas. Enervé, frustré, il ne pense pas à dormir ou à se reposer. Il doit évacuer sa colère et tourne, tourne, comme un lion en cage. Je viens le matin aux nouvelles: "Où en es tu? Que fais tu?" "Je marche, Je marche, je n'ai pas arrêté de marcher, et j'ai mal aux pieds."

"Sais tu quel sentiment je peux avoir de me voir rejeter ainsi? Connais tu ce que ça fait de voir quelqu'un qui te jette ton passeport en te disant, non tu n'es pas la bienvenue ici?"

Non, je n'en sais rien. Avec mon passeport Français, je suis accueillie partout, avec des grands sourires.

"Essaie d'imaginer une seule seconde, que parce que tu viens de France, parce que tu possèdes un passeport de ce minable pays, on te dise non, je n'ai pas envie que tu viennes chez moi?"

A bien y réfléchir, peut être que je leur dirais, bien, sachez donc que je n'essaierai pas une fois de plus de revenir dans votre pays, je n'y mettrais plus jamais un pied.

"Tu l'as droit dans le mille Benoite, c'est exactement ce que je ressens en ce moment."

Aree va continuer à marcher au même endroit pendant les prochaines 18h, avant d’être escorté jusqu’à son nouvel avion. Ce n’est pas le seul à avoir été refoulé. Se trouvent avec lui : un vieil acteur irakien connu, un irakien résidant au Maroc, un irakien possédant des documents de voyage délivrés en Suède. D’autres cas qui rendent tristes : une irakienne pleurant à chaudes larmes, installée en Egypte depuis 4 ans, qui vient rendre visite à son mari qui vient enfin de sortir de prison en Irak.

L’attente a quand même un point positif : pouvoir se faire des amis de galère.

Aree arrive en Syrie, est accueilli les bras ouverts. En moins de dix minutes, sans un interrogatoire, il reçoit 10 welcome to Syria à la file. La Syrie se montre beaucoup plus aimable avec les ressortissants et les réfugiés irakiens, ces derniers vivant dans une misère indescriptible. Depuis leur arrivée, les maisons closes poussent comme des champignons dans le pays.

C’est après tout une occasion pour Aree de visiter la Syrie, pays qu’il ne connaît pas, et de découvrir les trésors cachés de Damas. Ses copains de l’aéroport le suivent partout, et voila bientôt un groupe de touristes irakiens qui visitent la ville équipés d’un guide Lonely Planet. Ils découvrent le bonheur des cafés syriens, le calme et la fraîcheur de la mosquée des Omeyyades ainsi que le goût des soirées écumées dans la vieille ville. Enfin un peu de répit et de détente avant de reprendre le chemin de l’Irak.

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06.05.2007

Baalbek

Baalbek: site de ruines romaines, considéré comme le numéro 1 au Moyen Orient selon le Lonely Planet. A ne pas louper donc, même si on traine les pieds à faire 2heures de route aller et 2 heures de route retour rien que pour ça.

Un mini bus, une route de montagne, traversée de la plaine du Beqaa, la vallée verte et agricole du pays. A droite, les montagnes qui nous séparent de la Syrie, à gauche, les montagnes à ski parsemées vaguement de neige. Tout est bien vert, et le ton s'allie bien avec les drapeaux vert et jaune du Hezbollah plantés un peu partout. Et oui, Baalbek est aussi le lieu de naissance du mouvement. Pas d'inquiétudes, il parait qu'ils sont gentils avec les touristes.

Le site, soit-disant plus beau que Jerash de Jordanie, m'impressione par sa petite taille. Mais c'est vrai qu'il est bien conservé avec un magnifique temple de Bacchus.

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Ce qui m'intéresse plus, c'est le magnifique mausolé à l'entrée de la ville, dédié à la fille de Ali ou Hussein, je ne sais plus lequel. Cette même grosse structure fortement décorée qui existe en Irak ou en Iran et que je n'ai encore jamais vue. Mais la raison me dit, même si ils sont gentils avec les touristes, ce n'est peut être pas malin de titiller le taureau.

Trajet en sens inverse pour retourner à Beyrouth, c'est malheureusement l'heure de la fin des vacances et l'avion n'attend pas.

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05.05.2007

Nizar et les camps palestiniens de Tripoli

Nizar est d'origine Palestinienne, né d'un père Palestinien et d'une mère libanaise au Liban, il est vite parti s'installer avec ses parents en Irak, à Bagdad, pour faire fortune.

25 ans de vie calme et heureuse dans la capitale irakienne, après avoir ouvert un restaurant, Nizar est devenu propriétaire d'une boulangerie. En 2005, alors que la violence journalière s'accélère à Bagdad et que les Palestiniens deviennent une cible de choix, Nizar reçoit des menaces. Par deux fois, des hommes armés se présentent à son magasin alors qu'il n'est pas là. Il comprend le message et heureux détenteur de documents libanais, il part s'installer dans sa ville natale, Tripoli.

Tripoli est une ville du Nord du Liban, connue pour ses jolis souks, son petit port et sa citadelle des croisés construite par Saint Gilles. Tripoli est aussi dotée de 2 camps de réfugiés palestiniens à sa bordure Nord.

Nizar habite à proximité d'un des camps palestiniens: plusieurs fois, il qualifiera ce camp habités par des gens ne tournant par rond dans leurs têtes, des fous, qui ne cherchent que des ennuis. Ils deviennent sûrement fous à cause du cloîtrement des individus dans ce petit espace de 2500m² alloué pour le camp. La population déborde, les maisons s'étendent en hauteur, et les familles vivent les unes sur les autres comme des animaux. Il insiste, il insiste, ils sont fous, 'majnouns' en arabe.

Nous sommes invités à déjeuner chez Nizar et est prévu une visite du camp plus tard dans l'après midi. Perspective qui me fait plaisir puisque depuis quelques temps je m'intéresse grandement au sort des réfugiés palestiniens à travers les pays arabes, en Irak, en Jordanie, en Syrie. C'est maintenant l'heure d'en savoir un peu plus sur les Palestiniens du Liban.

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Au cours du déjeuner, des bruits sourds dans le quartier se font entendre. Cela ressemble bien, me semble t-il à des coups de feu. Les spéculations commencent: il doit s'agir d'un mariage! Non pas un lundi! que se passe t-il donc? les coups de feu se répètent et sont bien trop nombreux. Des salves sont lancées toutes les quelques minutes. Il se passe définitivement quelque chose. Les téléphones ne tardent pas à sonner. Les nouvelles dans le pays circulent vite. Une bagarre a eu lieu dans le camp, il y aurait un mort.

Me voila bien. Nous sommes à quelques mètres du camp et voila qu'ils se tirent dessus. Nizar rigole: Je vous avais dit ils ne sont pas normaux dans ce camp! Chose bizarre, après une telle bagarre, la police ou l'armée devrait être au rendez vous! Mais les forces libanaises n'ont pas le droit d'interférer dans les affaires palestiniennes. Elles n'ont pas le droit d'entrée dans les camps palestiniens qui sont autogérés. D'où, des règlements de comptes à l'amiable...

Les enfants sont toujours à l'école! Pourvu qu'ils rentrent vite! Benoite, au fait, ca va, tu n'as pas peur? Nous scrutons de la fenêtre les activités dans le camp, mais rien n'est visible. Les enfants sont enfin la sains et saufs et ont plus de précisions, il s'agit de untel, celui du restaurant de poulet!

Il est temps de lever le camp. La rue principale n'est pas loin, il est tout de même plus prudent de camoufler les sacs à dos qui nous feraient prendre pour des touristes. Nous revoilà au centre ville. Arrivés plus tard que prévus, nous parcourons les souks qui sont déjà fermés. Les forces spéciales libanaises ont déjà pris place sur la petite place devant la grande mosquée. Alors qu'on s'attarde à prendre des photos, Nizar nous rappelle à l'ordre: dites, il y a 5 jours, il y a eu 6 morts ici au cours de clashs entre sunnites et chiites alors c'est pas tellement le moment de traîner.

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C'est là qu'on s'aperçoit que le calme apparent du pays est très fragile. Retour en taxi sur Beyrouth sans avoir vu le port, ce sera pour une prochaine fois.    

10:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

04.05.2007

Beyrouth ou Beirut

Beyrouth est une ville difficile à cerner. Architecture disparate, qui en fait à la fois son charme et son ennemi.

Le centre ville, avec une période de rénovation touchant à sa fin, est quasi-mort. Bloqué par l'armée depuis le mois de novembre dernier, suite aux tensions dans le pays, il a vu la fermeture de ses commerces et ses rues sont quasi désertes. Les partisans du Hezbollah ont monté des tentes sur les grandes places à proximité du parlement, ce qui entraîne la présence forte de l'armée et de ses tanks.

La Corniche, le bord de mer, est l'endroit où être vu le weekend. Les grands hôtels et les cafés chics bordent l'avenue.

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Les quartiers résidentiels sont marqués par des tours et des tours qui se suivent. Des années 60 aux années 2000, toutes les couleurs et tous les styles sont disponibles, à vous de choisir.

Gemayzeh et Ashrafiyeh sont les deux quartiers vivant le soir jusqu'à tard dans la nuit. Etre à Beyrouth signifie dormir le jour et vivre la nuit. Les restaurants, bars et boites de nuits se suivent mêtre après mêtre. Chaque café et chaque bar est bondé le samedi soir jusqu'à la fin de la nuit, il faut souvent se satisfaire de boire son verre dehors. Mot d'ordre pour les jeunes: il faut être funky. Ambiance détonante.

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On retrouve enfin dans les quartiers populaires un peu de moyen orient. La pauvreté y est marquante, les fils électriques se comptent par milliers, et les immeubles décorés de tissus et de drapeaux forment un joli tableau.

Les stars de la chanson se trouvent à tous les coins de rue, faut il encore pouvoir les reconnaitre.

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10:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

03.05.2007

Le Sud Liban

Vendredi 27 Avril 

Envol pour le Liban tôt le matin pour profiter pleinement de cette première journée. Malgré 1 petite heure de sommeil durant la nuit, l'excitation du voyage l'emporte et voici Steph' et ses parents qui nous attendent à l'aéroport avec taxi loué pour la journée.

Route côtière entre Beyrouth et Saïda, les ponts ne tiennent pas debout mais le soleil est au rendez vous. Saïda ville portuaire avec son chateau de croisés, célèbre pour ses savons dont nous ne trouverons jamais la savonnerie, et ville natale de Rafiq Hariri qui reste un symbole dans le coeur des Libanais. Les affiches démesurées sont présentes à chaque coin de rue rappelant la perte d'un homme fort et bon du pays.

Premier hic, les corps de deux adolescents de 13 ans retrouvés aujourd'hui à Saïda après avoir été kidnappés. Premier signe des tensions confessionnelles dans le pays. 

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Route dans les montagnes verdoyantes qui s'enfonce dans le pays. Arrêt à Deir Al Qamar, une petite ville qui fait facilement penser à l'Italie. Une fontaine qui a des vertus magiques, premier sandwich libanais au fromage, le saj, cuit sur le fameux grill arrondi.

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Visite de Beiteddine, palais du 18e siecle et villa de vacances du président libanais. Architecture syrienne en bois de cèdre qui reflète l'influence du pays. Les parents de Steph voyagent avec des photos pris aux mêmes endroits il y a 30 ans. Rien n'a changé!

Retour à Beyrouth et visite des quartiers chics d'Achrafiyeh. On pourrait se croire dans n'importe quelle ville d'Europe, en plus propre et en plus beau. Le nombre de 4x4 et de porshes est impressionnant, les beaux restaurants sont plein à craquer, les appartements sont luxueux, décalage énorme entre 2 mondes du pays.

La moitié de mes photos n'ont pas pu rentrer en Jordanie, il faudra ainsi patienter.   

13:35 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

02.05.2007

Hé Liban

Me voici de retour d'un petit voyage au Liban, le pays du Cèdre. C'est l'occasion de découvrir un pays du Moyen Orient que je ne connaissais pas encore, de voir des amis français, de visiter 2/3 ONGs locales et de prendre un repos bien mérité. Peu de repos et beaucoup d'agitation.

1) Si on vous dit que le moment n'est pas idéal pour aller visiter le Liban, soyez en certains. La tension n'est pas forcément palpable pour les touristes qui sont de toute façon extrêmement rares en ce moment, mais elle est bel et bien la. L'armée est omni-présente dans les rues de Beyrouth, des clashs réguliers entre factions et confessions se déroulent dans les grandes villes du sud et du Nord. Bref, il faut faire attention de ne pas être au mauvais moment au mauvais endroit.

2) La construction d'immeubles de plus de 10 étages est un hobby national. Les villas, petites maisons ou autres petits immeubles sont absents du paysage, dommage.

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3) Les check-points de l'armée sont bien joliement décorés. Placés de façon régulière sur les routes du pays, les blocs de bétons sont peints de lignes banches et rouges et des petits arbres verts sont peints à la main. Les soldats sont calmes et n'arrêtent pas grand monde.

4) Les résultats de la guerre du mois d'Aout sont très visibles. Plus un pont ne tient debout que ce soit en centre-ville de Beyrouth ou dans la campagne. Les travaux sont en cours, grâce à l'aide généreuse du Quatar qui est largement remercié par une grande campagne publicitaire. Les petits ponts ont été rétablis par des structures provisoires en fer qui font un boucan d'enfer au passage de chaque véhicule.

5) Les libanais aiment faire visiter les charmes de leur pays, ils ont quand meme tendance à profiter du touriste méchamment.

6) Mon image du Liban: les immeubles des années 60 portant à chaque balcon un tissu servant à protéger l'intimité de chaque appartement. Une décoration multicolore qui anime les bâtiments.

7) Le plaisir du voyage est gaché par l'attitude des officiers jordaniens au retour qui refusent de donner des visas à mes compagnons de voyage. Une nuit passée sur des chaises en fer, refoulés ils sont obligés de reprendre l'avion dans une autre direction. Arrêt net des festivités.

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