16.09.2007
La coupe de football
Aujourd'hui, nous faisons un flashback au mois de Juillet de cette année, afin de vous raconter l'épopée de la coupe de football d'Asie.
Coupe du monde en plus petit, les participants sont les pays d'Asie et du Moyen Orient. Sans qu'on ait trop suivi, tout à coup, l'Irak se trouve à jouer en demi-finale du championnat. C'est l'enthousiasme complet, ayant à ce moment la un irakien à la maison, nous regardons sagement comme il se doit. Suspense suspense, l'Irak gagne in-extremis aux tirs au but. C'est l'explosion de joie dans ma rue, les enfants chantent et crient, et les images à la télé en direct de Bagdad nous confirment que le pays entier se passionne pour la coupe. Les hommes affluent dans les grandes artères de Bagdad, munis de drapeaux et de porte-voix, ils montent sur les voitures et sur les hummers de l'armée irakienne qui elle même se met à brandir le drapeau irakien. Les coups de fusils éclatent (tradition irakienne) qui feront d'ailleurs quelques morts à cause des balles qui retombent. Bref des scènes jamais vues. A noter, au milieu des scènes de joie dans Bagdad, 2 voitures explosent, faisant une trentaine de morts.
Le soir même, nous décidons d'aller faire un tour dans les rues du quartier afin de mesurer l'ambiance. Les irakiens sont bien de sortie. Les klaxons sifflent et les drapeaux irakiens volent. J'avais une jolie photo d'une petite fille enroulée dans son drapeau, je l'ai maheureusement égarée.
Rendez vous est donc donné 4 jours plus tard pour la finale du match, une premiere dans l'histoire de l'Irak, qui jouera contre l'Arabie Saoudite. Pour annecdote, il faut savoir que la Jordanie est plutôt copine avec l'Arabe Saoudite et les enfants jordaniens se disputent dans la rue avec les enfants irakiens sur le sort du match.
Et, contre toute attente, l'Irak fut victorieuse. Encore une fois, scènes de liesse en Irak et à Amman. Même que j'ai du rentrer chez moi à pied faute de pouvoir trouver un taxi de libre, les irakiens étaient tous de sortie.
A Amman, les grandes artères sont même bloquées aux voitures par la police pour éviter des ennuis.
Mais des ennuis, il y en a eu. Certains ne sont visiblement pas contents que l'Irak ait gagné (à défaut de l'Arabie Saoudite, dixit que la Jordanie aurait préparé des grandes animations si le résultat avait été l'inverse) et quelques forces de l'ordre le montrent clairement. Différents rapports de quelques amis me racontent ce qu'il s'est passé à quelques endroits. Les policiers arrachaient nerveusement les drapeaux irakiens flottants des mains des supporters, tandis que d'autres se sont fait prendre dans des coins sombres et piétinés. Plusieurs rapports détaillent des faits similaires et des photos ont aussi voyagé sur internet
Auourd'hui, en tant qu'irakien à Amman, il faut rester prudent.
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13.09.2007
Ramadan Karim
Voila le premier jour du Ramadan venu. Les cartes et les mots doux s'échangent et en voici une que j'ai reçu de mes anciens collègues.

Ramadan apporte son lot de lumières, de guirlandes dans les rues et les maisons, de joie dans les coeurs, etc.
Ramadan apporte aussi son lot de contraintes, les horaires sont chamboulés: plus de meetings sympathiques en journée à la terrasse d'un café, tout qui ferme plus tôt, plus de taxis dans la rue à l'heure du foutour, les cours d'espagnols déplacés en milieu d'après midi, etc, etc.
Point négatif pour cette année: nous voila mi-septembre et il fait encore CHAUD. Partir pour une matinée en dehors du bureau pour vagabonder à droite à gauche sans pouvoir se rafraîchir devient une contrainte. Et pire encore pour ceux qui ont des activités physiques dehors! (Je pense notamment à mes petits vendeurs de fruits et légumes qui commencent leur travail aujourd'hui même en poussant leur charette dans les rues). En plus, l'heure de fin du jeûne a été retardée: autour de 18h30!
Une petite pensée aussi pour mes quelques amis irakiens qui ont du quitter l'Irak en catastrophe et qui se retrouvent seuls à Amman sans famille, le Ramadan a certainement un goût amer. Mais bon, ils ont promis de m'inviter à manger.
Pour ma part, je prévois un petit tour en Syrie dans les jours qui viennent pour éventuellement passer diner en début de soirée au sein de la grande mosquée des Omeyyades.
11:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2007
IRIN, service de presse en zone de conflit
IRIN est un service de presse qui est basé dans plusieurs zones de conflict autour du monde. Dépendant de reporters locaux, ils produisent des articles journaliers sur les conditions de vie et les souffrances de la population, soulignant aussi les efforts et les espoirs donnés par quelques organismes et individus.
IRIN est évidemment basé en Irak et plusieurs reporters basés à travers le pays nous gardent au courant de la situation et de la vie au jour le jour. C'est important, surtout lorsque nous ne travaillons que dans certaines régions bien précises du pays, de connaitre les courants et tendances dans les autres zones.
Les reporters d'IRIN sont en première ligne du front et plusieurs d'entre eux ont déjà été victimes du conflit alors qu'ils étaient à leur poste de travail. Les autres, pour le salut de leur pays, continuent cette lutte journalière.
Un exemple d'un rapport que j'ai reçu ce matin:
BAGHDAD, 10 September (IRIN) - Widower Jawad Ridwan's two sons were killed in an attack which also maimed his daughter. Ridwan is unemployed, lives in poverty, and says he needs help to provide for his remaining two children.
"On 17 November my wife was found raped, handcuffed and murdered near Dora District, a suburb of Baghdad. She was working as a housekeeper for two families and after she left work in the outskirts of Dora, someone took her and ended her life.
"On 13 May I left my children with my sister-in-law and, as she was taking them to buy some chocolate near her house in Alawi District, insurgents opened fire on a passing US convoy. She was killed, together with my two sons, in the crossfire, and one of my daughters was injured.
"I don't like to remember how much my six-year old daughter, Rana, suffered. Sometimes when I'm asleep, I can hear her in the hospital screaming with pain.
"The bad health service and the long hours of waiting, led to her losing her leg. I contemplated suicide but God protected me from that because Rana needs me now more than anyone.
"Jobless, I rely on a local non-governmental organisation for food and clothes. I have moved house more than three times since my wife died because Rana needs to be near a hospital as she sometimes gets infections where she was amputated.
"I don't know how long I can stand this life. My two daughters don't attend school and they don't eat well. I hope I can get a job because with money, maybe, I can travel abroad and take them away from this violence."
Copyrights IRIN.
Les rapports d'IRIN sur l'Irak, ca se passe par ici: http://www.irinnews.org/ME-Country.aspx?Country=IQ
12:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10.09.2007
La rentrée... des classes
Jusqu'à cette année, l'inscription des enfants étrangers dans une école jordanienne était sujette à la possession d'un permis de résidence dans le pays.
Peu d'irakiens possèdent ce permis de résidence, puisque pour obtenir cette fameuse carte, il faut pouvoir mettre un bon nombre de billets verts à la banque (auourd'hui cette somme est montée à $100.000). La plupart des irakiens sont donc en situation irrégulière en Jordanie et en conséquence, les enfants n'ont pas la possibilité d'aller à l'école. Ou alors, là encore, il faut pouvoir avoir quelques billets verts pour inscrire ses enfants dans une école privée.
Nous pouvons ainsi dire que les enfants irakiens réfugiés en Jordanie n'ont pas la chance d'aller à l'école. Et pour certains, celà faisait trois ans qu'ils n'avaient pas assis leur derrière sur les bancs de l'école.
Cette année, grande et heureuse nouvelle, le gouvernment jordanien a décidé d'admettre les enfants irakiens en situation irrégulière dans les écoles publiques. Joie pour certains et malheur pour d'autres.
La rentrée des classes a été organisée pendant la dernière semaine d'Aout et moi, j'ai le bohneur de ne plus entendre les cris de mes petits voisins à longueur de journée, je bénéficie d'une période de répit jusqu'en début d'après midi.
16:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.09.2007
Choléra
Le choléra est une maladie qui courait dans le vieux Paris, au temps de.... je ne sais même plus à quel temps! Aux temps de notre dame, de son bossu et de sa princesse, certainement.
Le choléra est une maladie qui se propage lorsque il n'existe pas une gestion correcte des eaux usées, lorsque l'eau n'est plus propre et qu'on boit et qu'on lave avec de vieilles eaux.
Il n'existe pas de vaccins efficaces à proprement parler. Il y en a un qui marche un coup sur deux. Le choléra, ca se soigne tout seul, lorsque des mesures d'hygiène et des infrastructures conséquentes sont mises en place.
Le choléra, ca se traduit par des vomissements et des dhiarées, déshydratation intégrale. De 1 à 3 jours, on y passe.
Le choléra a refait soudainement surface dans le Nord de l'Irak, montrant que le pays a fait un bond en arrière de quelques centaines d'années, retour au Moyen Age.
Une vingtaine de victimes entre Suleymania et Kirkuk en moins de 2 semaines. Un spot télé a été aussitot mise en place propageant des informations sur les mesures d'hygiène adéquates à prendre.
Une connaissance de Kirkuk, ayant tous les symptomes, s'est précipité à l'hopital. Il a de la chance, un hopital de Kirkuk possède un laboratoire capable de faire les tests nécessaires. Une piqure pour stopper la désyhdratation, il est aussitot renvoyé chez lui pour manque de lits à l'hopital. "On vous appelera si les tests sont positifs. Si on ne vous appelle pas, c'est qu'il n'y a rien!" Une vie qui tient donc à un coup de téléphone.
Pour la fin de l'histoire, il n'a jamais reçu de coup de fil de l'hopital. Ouf.
11:05 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01.09.2007
C'est la rentrée!
L'été a été rudement long. Il a fait chaud, il a fait beau, nous sommes partis en vacances et revenus, nous avons attaqué la rentrée, dur dur.
Mais la rentrée, c’est aussi des nouvelles initiatives, des bonnes résolutions, des nouveautés qui rendent la vie plus gaie. Enfin ça, c’est quand on mène une vie normale.
Quand on habite en Irak, on ne voit peut être pas les choses d’un même œil. Chaque jour apporte son lot de malheurs. Un peu moins d’eau, un peu moins d’électricité, un peu moins de ressources sur lesquelles vivre, un peu plus de violence et d’insécurité, et toujours, toujours, des proches qui disparaissent, qui deviennent victimes du cercle infernal. La rentrée peu signifier sauter enfin le pas, quitter sa ville natale, quitter son territoire, son pays, et aller s’installer provisoirement ou pour plusieurs années dans un pays voisin. Les cœurs se déchirent, les larmes coulent, à quand un avenir qui donnera de l’espoir et de la chaleur à l’âme?
L’été à Bagdad a été particulièrement dur. L’électricité n’a jamais atteint des niveaux aussi bas, alors que les températures dépassent les 50 degrés. L’eau a manqué, apportant des lots d’infections et des nids d’épidémies de maladies depuis longtemps oubliées, tel que le choléra. Il y a tout de même une bonne nouvelle pour la rentrée qui va certainement soulager certains, c’est l’annonce de l’arrêt des activités de l’armée du Mahdi, une milice extrémiste chiite, de façon temporaire.
Enfin, un évènement spectaculaire qui a marqué les âmes irakiennes pendant l’été, fut la victoire de l’équipe irakienne de football de la coupe d’Asie. Des scènes de liesse ont été vues en Irak, que ce soit à Bagdad ou dans les petites bourgades du pays, et dans de nombreux autres lieux autour du monde. Des rares moments où le peuple irakien ne fait qu’un et célébrant son unité. Des épisodes de fierté qui se transforment en cauchemars comme ce fut le cas en Jordanie. Nous en reparlons plus tard.
Coté projets, la rentrée est agitée, entre projets de génération de revenu et violence contre les femmes. Et au milieu de cette agitation, je prends mon courage à deux mains pour reprendre le fil de l’histoire.
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