« Entre la Turquie et le Kurdistan | Page d'accueil | Un deuil de 3 jours »
27.10.2007
La tristesse au Moyen Orient
Une conception différent de la tristesse.
En Occident, ou plutôt la façon dont j'ai été élevée, m'a fait comprendre que la tristesse est une chose privée. On ne pleure pas en public, on ne pleure pas devant les autres, on retient ses larmes, il faut rester fort, c'est une façon d'exprimer sa dignité.
Mon collègue avait été très surpris lorsque j'avais appris la mort de ma grand-mère maternelle. Tu n'étais pas proche de ta grand-mère, m'avait il demandé? Je ne t'ai pas vu pleurer, tu n'as pas versé une larme! Oui, devant lui, je n'avais rien montré. Je pleurais en me retrouvant seule, une fois la porte de ma chambre fermée. J'ai ainsi essayé de lui expliquer que pleurer est une chose très personnelle.
J'ai toujours regardé de façon étrange les images des femmes du Moyen Orient qui pleurent au milieu de la rue, se frappant la tête et le coeur devant les inconnus ou devant les autres membres de la famille. Pourquoi ce besoin de montrer à tout le monde sa dévastation? Pourquoi étaler quelque chose de si personnel aux yeux de tous?
Je n'avais jamais vu un homme pleurer autant. Lorsque mon collègue a appris la mort de son neuveu, le petit Mohammed, il a crié, il a hurlé. Des larmes de rage, de tristesse et de desespoir ont coulé des heures durant. Il s'est frappé le front en implorant la clémence de Dieu pour sa famille. Une fois la tension libérée, il est retourné auprès de sa famille en Irak afin d'être auprès d'eux pour surmonter l'épreuve ensemble.
Ses larmes ont été saines, mais toutes les larmes du monde ne changeront pas la destiné du petit Mohammed.
Une feuille est tombée de l'arbre.
00:10 Lien permanent | Envoyer cette note









