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18.04.2008
Au cours d'arabe
En décembre dernier, je suis bien évidemment rentrée en France pour passer les fêtes de fin d’année en famille. Un long break bien mérité pour revoir famille et amis.
Ils se sont apparemment donnés le mot : Alors ma chère, après 3 ans passés en Jordanie, tu dois bien parler arabe couramment maintenant !
Oui, effectivement, les choses auraient du se passer ainsi, si nous vivions dans un monde idéal où on n'aurait pas besoin de travailler et dans lequel nous pourrions faire ce que bon nous semble de nos journées.
J’avais pourtant bien commencé, ayant appris de bonnes bases d’arabe classique avant de partir, m’étant inscrite à des cours d’arabe dialectal sur place, je me débrouillais plutôt bien en un minimum de temps : j’ai ainsi acquis le nécessaire pour me débrouiller en toute occasion, si bien que je n’ai plus vraiment besoin d’utiliser l’anglais pour quoi que ce soit dans les situations de la vie courante.
Mais rapidement, j’ai du abandonner les cours, ayant succombé à un rythme de travail de forcenée. Une langue non pratiquée (je travaille en anglais et mes collègues sont tous très doués en anglais ou alors ils parlent espagnol) s’oublie très facilement. Quel paradoxe de perdre ses capacités dans la langue du pays dans lequel on habite !
(Quelle honte oui vous voulez dire…)
Si j’en reviens donc au mois de décembre, j’ai du ainsi avouer de façon très honteuse, que non, je ne parlais pas l’arabe couramment après 3 ans. Nouvelle année oblige, j’ai pris une grande et énorme résolution : reprendre les cours d’arabe et finir par enfin la maîtriser.
Aussitôt dit, j’ai trouvé un professeur particulier qui enseigne dans une école pour étrangers. C’était sans compter que l’école est une école catholique pour personnel de l’église, ou disons le carrément, pour missionnaires. 1ère leçon de mon livre, j’y trouve les mots suivants : crucifixion, résurrection, disciples, prêcheur, évangile, pardon, et j’en passe.
J’ai approché le sujet de façon TRES diplomatique avec le professeur qui s’insurge : mais tu n’es pas catholique ? heeeuuu si. Alors tu dois les apprendre ces mots ! Ben heeeu ce genre de conversation n’est pas mon sujet favori. Mais, les gens ils sauront que tu es française donc que tu es catholique ! et alors ? Donc ils vont t’engager sur des sujets religieux ! Et ben je changerai de sujet… Elle n’a pas eu l’air convaincue.
N’empêche que ces mots là, même en ne voulant pas les apprendre, à force de les répéter ils rentrent quand même.
Rendez vous au nouvel an prochain, à ceux devant qui j’ai prononcé ma résolution, je leur ferai un sermon en arabe, et sans fautes.
23:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
17.04.2008
Parti à l'aventure
Ali a quitté Bagdad il y a un an et demi. Chanceux, il a obtenu une position très prisée au sein d'une organisation avec laquelle je travaille: représentant à Amman. Tout ce qui compte: être hors de Bagdad et avoir toujours le moyen d'aider sa famille grace un salaire. Même si un certain degré de tension est toujours présent (la famille est restée à Bagdad et il n'a aucun statut de résident en Jordanie), il peut au moins prendre de la distance par rapport aux evenements.
Mais Amman, la capitale Jordanienne, n'est seulement qu'une plateforme. Il ne peut pas s'installer ici et il s'est inscrit sur les listes du HCR pour pouvoir bénéficier d'un refuge possible dans un pays tièrs. Mais le processus est long, des papiers, des papiers, l'attente est frustrante.
Ali n'a pas attendu. Il a succombé aux tentations des passeurs qui se font payer une somme de 10.000$ par individu pour fournir un accès à un pays européen. Faux visa ou visa obtenu de façon illégal, peu importe, l'important c'est d'atteindre sa destination finale.
Ali a choisi les Pays Bas. Il n'a aucune famille las bas, simplement des amis, mais il y a aussi une grande communauté irakienne qui pourra lui fournir l'aide dont il aura besoin. Son voyage va le mener de la Jordanie jusqu'aux Pays Bas en passant par la Syrie, la Turquie et la Grèce ou Bulgarie. Une fois arrivé à destination, il détruira son passeport et se présentera aux autorités qui seront obligées de l'accepter en tant que réfugié.
Ali a attendu le coup de fil du passeur qui lui a demandé de le rejoindre en Syrie immédiatement. Un départ précipité, il a débuté son voyage en emportant une simple valise qui contient les souvenirs de sa vie. D'ici un mois, il devrait atteindre sa destination finale. Bon vent Ali...
16:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16.04.2008
Violence contre les femmes
En temps de conflit ou en temps de guerre, il y a une catégorie de la population qui est particulièrement touchée: les femmes. (Toujours nous! Non je ne suis pas féministe...).
Utiisées comme cibles stratégiques de guerre (nous sommes violées et torturées par les ennemis) ou utilisées comme oreiller à plume (les maris déversent leur stress et angoisse sur le foyer), les femmes sont particulièrement affectées par un accroîssement de la violence au sein de la société.
Ainsi, les bailleurs s'interessent beaucoup à initier des programmes qui traitent ce sujet, pour mon plus grand plaisir. (J'aime travailler avec les femmes). Je viens de terminer un beau projet: Former le personnel médical d'un hopital à reconnaitre les divers signes de violence domestique et apprendre à approcher les patients de façon à ce que les femmes se confient et initient une recherche de solutions à leurs problemes. Un vrai challenge dans une société qui ne permet pas d'ébruiter ce genre d'évênements et de comportements honteux et où la femme se doit d'obéir à l'homme et peut subir un châtiment si elle ne coopère pas. La violence contre les femmes est souvent justifiée ou considérée comme tabou. Nous avons pris le problème à bras le corps, avons distribué des posters et des dépliants aux femmes en les invitant à approcher le personnel médical. Les premiers cas de visite ont été signalés, les femmes ont parlé, même si elles ne sont pas encore prête à chercher des solutions. Au moins, nous avons ouvert une vanne de décompression.
Prochaine étape: offrir des opportunités aux femmes victimes de violence d'acquérir des compétences manuelles pour des métiers très courrus: couturière ou coiffeuse.
C'est l'ouverture sur une autre perspective, cette fois positive, de l'impact des conflits sur les femmes: il s'agit d'une nouvelle occasion pour la femme de changer de rôle et d'épauler l'homme à subvenir aux besoins du foyer si l'homme a perdu son travail ou si il a été blessé dans le conflit. La femme redoublera de bienveillance vis à vis de son foyer. Un role accru qui introduit petit à petit une évolution dans les relations homme-femme.
20:50 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
14.04.2008
Bagdad et Bassora au bord de la guerre civile
Je reprends enfin du service après une très longue pause, mais étant sollicitée de toutes parts et ma fibre créatrice se morfondant, c'est avec plaisir que je m'y recolle. Il va falloir être plus discplinée, car mine de rien, c'est un sacré boulot d'alimenter un blog régulièrement.
Je suis toujours au même endroit à faire la même chose, de ce côté la, rien n'a changé. Le retour des fonds internationaux en Irak a vu une multiplication des interventions en Irak, pour notre plus grand plaisir évidemment. Plus on a de travail, plus on rit.
Ces 3 dernières semaines ont été marquées par la crise de Bagdad et Bassora qui s'est rapidement étendue à tout le sud de l'Irak. Pour simplifier, après une pression accrue du gouvernment irakien sur la milice chiite de Moqtada Sadr, ce dernier a ordonné le retour au combat de ses troupes fidèles qui avaient momentanément posé les armes pour un cessez le feu qui a duré presque un an. Des combats sans précédants, des policiers qui rendent les armes, des vengances entre tribus.. une grande ressemblance à une guerre civile. Il en a fallu de peu pour que ca dégénère mais Moqatada y a bien vite mis le Hola.
Qui a pâtit de cette situation? les civils qui sont restés cloitrés chez eux pendant plusieurs jours sous couvre-feu. Magasins fermés, ravitaillement impossible, les prix montent: la plaque d'oeufs a atteint les 15 dollars tandis que le kilo d'aubergines se vendait à 20 dollars!
Même durant le couvre-feu, les chiites descendent dans la rue et manifestent. Les américains sont toujours la pour contenir la situation et tirer quelques balles. Résultat: un de nos moniteurs a reçu 2 balles dans la jambe alors qu'il allait se ravitailler au magasin du coin. Ouf, ce ne sont pas des blessures graves, et il est de nouveau sur pied.
La situation reste tendue avec le couvre feu maintenu sur quelques zones à majorité chiites de Bagdad. Nos activités ont repris peu à peu mais il faut rester prudent Les derniers jours montrent que la situation peu exploser à tout moment.
19:25 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note










