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11.05.2008
Mahmoud
Hier matin, j'ai reçu une visite de ma voisine qui habite juste au dessus de chez moi. Je n'ai jamais vraiment eu de contacts à part ce jour de Ramadan où je suis allée emprunter une énorme casserole pour cuisiner un énorme makloubeh alors que plusieurs invités étaient à la maison. Je savais juste qu'ils étaient irakiens, de Bagdad, et qu'ils faisaient beaucoup de bruit le soir, en entendant des hurlements et des cris des enfants.
La mère de Mahmoud vient ainsi me rendre visite pour me parler de son fils. Mahmoud a développé des problèmes psychologiques suite à la situation en Irak. Il a peur de tout et devient agressif. Les portes doivent être fermées ou un soldat pourrait entrer. Il a peur du noir et fait des crises de larmes le soir. Il ne dort pas beaucoup et se prend parfois la tête entre les mains en hurlant: je ne suis pas fou, je ne suis pas fou. Mahmoud avait enfin repris l'école cette année en Jordanie avec la nouvelle loi du gouvernment qui acceptait enfin les étudiants irakiens. Mais les professeurs l'ont vite refusé: il devenait violent envers les éleves et n'arrivait pas à suivre le programme.
Mahmoud a le droit de jouer quelque fois dans la rue au ballon devant la porte de la maison mais ce n'est pas sans ennuis. Les autres enfants de la rue l'ont bien vite repéré et viennent l'embêter en le traitant d'anormal.
La mère ne supporte pas bien la situation. Elle me dit que c'est aussi de sa faute car de temps à autre elle pête les plombs et se met à lui crier dessus. De son côté, le père refuse de voir la situation et accuse la mère de ne pas savoir élever son fils correctement et refuse de parler du sujet à qui que ce soit.
Elle ne comprend pas pourquoi Mahmoud est devenu comme ca. Les soldats sont bien venus une fois dans sa maison à Bagdad mais ils ont ététrès corrects. Ils ont fouillés les pièces sans faire de mal à personne. Ils ne cherchaient que des portraits de Saddam et il n'y en avait pas chez elle.
Elle voudrait mettre Mahmoud dans une école spécialisée. Mais cela coute une somme faramineuse. Son mari a déjà de la chance d'avoir un petit boulot illégal en Jordanie, qui lui permet à peine de supporter le coût de la vie en Jordanie.
Elle a vu le petit signe de l'organisation sur la porte de mon appartement et voudrait savoir si nous pouvons l'aider.
Hier soir, en entendant les cris et les hurlements, j'ai été plus compréhensive. Mahmoud a de la chance dans son malheur: il vit désormais loin de ce milieu hostile qu'est devenu l'Irak. Qu'en est il des enfants qui continuent à grandir dans les rues de Bagdad?
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