06.05.2007

Baalbek

Baalbek: site de ruines romaines, considéré comme le numéro 1 au Moyen Orient selon le Lonely Planet. A ne pas louper donc, même si on traine les pieds à faire 2heures de route aller et 2 heures de route retour rien que pour ça.

Un mini bus, une route de montagne, traversée de la plaine du Beqaa, la vallée verte et agricole du pays. A droite, les montagnes qui nous séparent de la Syrie, à gauche, les montagnes à ski parsemées vaguement de neige. Tout est bien vert, et le ton s'allie bien avec les drapeaux vert et jaune du Hezbollah plantés un peu partout. Et oui, Baalbek est aussi le lieu de naissance du mouvement. Pas d'inquiétudes, il parait qu'ils sont gentils avec les touristes.

Le site, soit-disant plus beau que Jerash de Jordanie, m'impressione par sa petite taille. Mais c'est vrai qu'il est bien conservé avec un magnifique temple de Bacchus.

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Ce qui m'intéresse plus, c'est le magnifique mausolé à l'entrée de la ville, dédié à la fille de Ali ou Hussein, je ne sais plus lequel. Cette même grosse structure fortement décorée qui existe en Irak ou en Iran et que je n'ai encore jamais vue. Mais la raison me dit, même si ils sont gentils avec les touristes, ce n'est peut être pas malin de titiller le taureau.

Trajet en sens inverse pour retourner à Beyrouth, c'est malheureusement l'heure de la fin des vacances et l'avion n'attend pas.

05.05.2007

Nizar et les camps palestiniens de Tripoli

Nizar est d'origine Palestinienne, né d'un père Palestinien et d'une mère libanaise au Liban, il est vite parti s'installer avec ses parents en Irak, à Bagdad, pour faire fortune.

25 ans de vie calme et heureuse dans la capitale irakienne, après avoir ouvert un restaurant, Nizar est devenu propriétaire d'une boulangerie. En 2005, alors que la violence journalière s'accélère à Bagdad et que les Palestiniens deviennent une cible de choix, Nizar reçoit des menaces. Par deux fois, des hommes armés se présentent à son magasin alors qu'il n'est pas là. Il comprend le message et heureux détenteur de documents libanais, il part s'installer dans sa ville natale, Tripoli.

Tripoli est une ville du Nord du Liban, connue pour ses jolis souks, son petit port et sa citadelle des croisés construite par Saint Gilles. Tripoli est aussi dotée de 2 camps de réfugiés palestiniens à sa bordure Nord.

Nizar habite à proximité d'un des camps palestiniens: plusieurs fois, il qualifiera ce camp habités par des gens ne tournant par rond dans leurs têtes, des fous, qui ne cherchent que des ennuis. Ils deviennent sûrement fous à cause du cloîtrement des individus dans ce petit espace de 2500m² alloué pour le camp. La population déborde, les maisons s'étendent en hauteur, et les familles vivent les unes sur les autres comme des animaux. Il insiste, il insiste, ils sont fous, 'majnouns' en arabe.

Nous sommes invités à déjeuner chez Nizar et est prévu une visite du camp plus tard dans l'après midi. Perspective qui me fait plaisir puisque depuis quelques temps je m'intéresse grandement au sort des réfugiés palestiniens à travers les pays arabes, en Irak, en Jordanie, en Syrie. C'est maintenant l'heure d'en savoir un peu plus sur les Palestiniens du Liban.

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Au cours du déjeuner, des bruits sourds dans le quartier se font entendre. Cela ressemble bien, me semble t-il à des coups de feu. Les spéculations commencent: il doit s'agir d'un mariage! Non pas un lundi! que se passe t-il donc? les coups de feu se répètent et sont bien trop nombreux. Des salves sont lancées toutes les quelques minutes. Il se passe définitivement quelque chose. Les téléphones ne tardent pas à sonner. Les nouvelles dans le pays circulent vite. Une bagarre a eu lieu dans le camp, il y aurait un mort.

Me voila bien. Nous sommes à quelques mètres du camp et voila qu'ils se tirent dessus. Nizar rigole: Je vous avais dit ils ne sont pas normaux dans ce camp! Chose bizarre, après une telle bagarre, la police ou l'armée devrait être au rendez vous! Mais les forces libanaises n'ont pas le droit d'interférer dans les affaires palestiniennes. Elles n'ont pas le droit d'entrée dans les camps palestiniens qui sont autogérés. D'où, des règlements de comptes à l'amiable...

Les enfants sont toujours à l'école! Pourvu qu'ils rentrent vite! Benoite, au fait, ca va, tu n'as pas peur? Nous scrutons de la fenêtre les activités dans le camp, mais rien n'est visible. Les enfants sont enfin la sains et saufs et ont plus de précisions, il s'agit de untel, celui du restaurant de poulet!

Il est temps de lever le camp. La rue principale n'est pas loin, il est tout de même plus prudent de camoufler les sacs à dos qui nous feraient prendre pour des touristes. Nous revoilà au centre ville. Arrivés plus tard que prévus, nous parcourons les souks qui sont déjà fermés. Les forces spéciales libanaises ont déjà pris place sur la petite place devant la grande mosquée. Alors qu'on s'attarde à prendre des photos, Nizar nous rappelle à l'ordre: dites, il y a 5 jours, il y a eu 6 morts ici au cours de clashs entre sunnites et chiites alors c'est pas tellement le moment de traîner.

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C'est là qu'on s'aperçoit que le calme apparent du pays est très fragile. Retour en taxi sur Beyrouth sans avoir vu le port, ce sera pour une prochaine fois.    

04.05.2007

Beyrouth ou Beirut

Beyrouth est une ville difficile à cerner. Architecture disparate, qui en fait à la fois son charme et son ennemi.

Le centre ville, avec une période de rénovation touchant à sa fin, est quasi-mort. Bloqué par l'armée depuis le mois de novembre dernier, suite aux tensions dans le pays, il a vu la fermeture de ses commerces et ses rues sont quasi désertes. Les partisans du Hezbollah ont monté des tentes sur les grandes places à proximité du parlement, ce qui entraîne la présence forte de l'armée et de ses tanks.

La Corniche, le bord de mer, est l'endroit où être vu le weekend. Les grands hôtels et les cafés chics bordent l'avenue.

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Les quartiers résidentiels sont marqués par des tours et des tours qui se suivent. Des années 60 aux années 2000, toutes les couleurs et tous les styles sont disponibles, à vous de choisir.

Gemayzeh et Ashrafiyeh sont les deux quartiers vivant le soir jusqu'à tard dans la nuit. Etre à Beyrouth signifie dormir le jour et vivre la nuit. Les restaurants, bars et boites de nuits se suivent mêtre après mêtre. Chaque café et chaque bar est bondé le samedi soir jusqu'à la fin de la nuit, il faut souvent se satisfaire de boire son verre dehors. Mot d'ordre pour les jeunes: il faut être funky. Ambiance détonante.

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On retrouve enfin dans les quartiers populaires un peu de moyen orient. La pauvreté y est marquante, les fils électriques se comptent par milliers, et les immeubles décorés de tissus et de drapeaux forment un joli tableau.

Les stars de la chanson se trouvent à tous les coins de rue, faut il encore pouvoir les reconnaitre.

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03.05.2007

Le Sud Liban

Vendredi 27 Avril 

Envol pour le Liban tôt le matin pour profiter pleinement de cette première journée. Malgré 1 petite heure de sommeil durant la nuit, l'excitation du voyage l'emporte et voici Steph' et ses parents qui nous attendent à l'aéroport avec taxi loué pour la journée.

Route côtière entre Beyrouth et Saïda, les ponts ne tiennent pas debout mais le soleil est au rendez vous. Saïda ville portuaire avec son chateau de croisés, célèbre pour ses savons dont nous ne trouverons jamais la savonnerie, et ville natale de Rafiq Hariri qui reste un symbole dans le coeur des Libanais. Les affiches démesurées sont présentes à chaque coin de rue rappelant la perte d'un homme fort et bon du pays.

Premier hic, les corps de deux adolescents de 13 ans retrouvés aujourd'hui à Saïda après avoir été kidnappés. Premier signe des tensions confessionnelles dans le pays. 

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Route dans les montagnes verdoyantes qui s'enfonce dans le pays. Arrêt à Deir Al Qamar, une petite ville qui fait facilement penser à l'Italie. Une fontaine qui a des vertus magiques, premier sandwich libanais au fromage, le saj, cuit sur le fameux grill arrondi.

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Visite de Beiteddine, palais du 18e siecle et villa de vacances du président libanais. Architecture syrienne en bois de cèdre qui reflète l'influence du pays. Les parents de Steph voyagent avec des photos pris aux mêmes endroits il y a 30 ans. Rien n'a changé!

Retour à Beyrouth et visite des quartiers chics d'Achrafiyeh. On pourrait se croire dans n'importe quelle ville d'Europe, en plus propre et en plus beau. Le nombre de 4x4 et de porshes est impressionnant, les beaux restaurants sont plein à craquer, les appartements sont luxueux, décalage énorme entre 2 mondes du pays.

La moitié de mes photos n'ont pas pu rentrer en Jordanie, il faudra ainsi patienter.   

02.05.2007

Hé Liban

Me voici de retour d'un petit voyage au Liban, le pays du Cèdre. C'est l'occasion de découvrir un pays du Moyen Orient que je ne connaissais pas encore, de voir des amis français, de visiter 2/3 ONGs locales et de prendre un repos bien mérité. Peu de repos et beaucoup d'agitation.

1) Si on vous dit que le moment n'est pas idéal pour aller visiter le Liban, soyez en certains. La tension n'est pas forcément palpable pour les touristes qui sont de toute façon extrêmement rares en ce moment, mais elle est bel et bien la. L'armée est omni-présente dans les rues de Beyrouth, des clashs réguliers entre factions et confessions se déroulent dans les grandes villes du sud et du Nord. Bref, il faut faire attention de ne pas être au mauvais moment au mauvais endroit.

2) La construction d'immeubles de plus de 10 étages est un hobby national. Les villas, petites maisons ou autres petits immeubles sont absents du paysage, dommage.

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3) Les check-points de l'armée sont bien joliement décorés. Placés de façon régulière sur les routes du pays, les blocs de bétons sont peints de lignes banches et rouges et des petits arbres verts sont peints à la main. Les soldats sont calmes et n'arrêtent pas grand monde.

4) Les résultats de la guerre du mois d'Aout sont très visibles. Plus un pont ne tient debout que ce soit en centre-ville de Beyrouth ou dans la campagne. Les travaux sont en cours, grâce à l'aide généreuse du Quatar qui est largement remercié par une grande campagne publicitaire. Les petits ponts ont été rétablis par des structures provisoires en fer qui font un boucan d'enfer au passage de chaque véhicule.

5) Les libanais aiment faire visiter les charmes de leur pays, ils ont quand meme tendance à profiter du touriste méchamment.

6) Mon image du Liban: les immeubles des années 60 portant à chaque balcon un tissu servant à protéger l'intimité de chaque appartement. Une décoration multicolore qui anime les bâtiments.

7) Le plaisir du voyage est gaché par l'attitude des officiers jordaniens au retour qui refusent de donner des visas à mes compagnons de voyage. Une nuit passée sur des chaises en fer, refoulés ils sont obligés de reprendre l'avion dans une autre direction. Arrêt net des festivités.